
Le Thai Rak Thai (TRT, "Les Thaïs aiment les Thaïs"), formation au pouvoir, remporterait la majorité des sièges au niveau national à la Chambre des Représentants grâce à un nouveau raz-de-marée dans les régions rurales du Nord et du Nord-Est où le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra reste populaire, selon des résultats partiels.
Mais, le nombre de suffrages blancs serait tellement élevé dans la capitale Bangkok et dans le Sud, région musulmane en proie à une rébellion séparatiste, que certains candidats du TRT n'arriveraient pas à atteindre le seuil des 20% des suffrages exprimés nécessaire pour valider leur élection, même s'ils arrivent en tête étant donné l'absence de l'opposition qui a totalement boycotté le scrutin. Les candidats du TRT étaient seuls en lice dans 278 des 400 circonscriptions. A Bangkok, dans quatre circonscriptions où le dépouillement est achevé, le TRT remporte 45% des suffrages mais le vote blanc atteint 49%, selon la Commission électorale.
Déjà de nouvelles élections
Ce scénario, largement attendu depuis le lancement d'une consigne de vote blanc lancée par les trois partis d'opposition, pourrait empêcher la nomination rapide d'un Premier ministre. La Constitution thaïlandaise exige que la totalité, ou presque, des 500 sièges soient pourvus pour que la Chambre puisse se réunir et nommer un gouvernement. Prévoyant l'invalidation de l'élection dans certaines circonscriptions, les responsables électoraux ont dès avant le scrutin commencé à organiser des partielles qui pourraient avoir lieu dans les prochains jours.
La presse pessimiste
Les législatives ont été convoquées trois ans plus tôt que prévu par M. Thaksin dans l'espoir qu'elles désamorcent un mouvement de contestation sans précédent. Les adversaires du Premier ministre l'accusent d'abus de pouvoir et de corruption et ont réclamé depuis deux mois sa démission lors de manifestations de rue quasi-quotidiennes dans la capitale. Le scrutin pourrait ne pas mettre fin à la crise politique, estiment de nombreux analystes. Les organisateurs des manifestations ont en effet déjà promis de poursuivre leur combat en dépit des appels de la police et du Premier ministre. M. Thaksin s'est engagé à démissionner s'il ne réunissait pas au moins la moitié des suffrages exprimés.
La presse de lundi estimait elle aussi que le scrutin ne mettrait pas fin au mécontentement. "Le résultats des élections ne changeront rien à la légitimité politique de M. Thaksin", écrivait The Nation, quotidien vivement opposé au Premier ministre. Dénonçant une "lutte désespérée pour s'accrocher au pouvoir", le journal prédisait des "conséquences potentiellement explosives" après le "rejet massif" des élections que montre l'important nombre de votes blancs. Le vote, "le plus bizarre de l'histoire" du pays, montre la persistance de profondes divisions en Thaïlande qui "pourraient entraîner un bain de sang", avertissait The Krungthep Thurakit, quotidien des affaires. Le Bangkok Post prévoyait la reprise des "manifestations monstres et des appels à la démission de M. Thaksin d'ici vendredi si rien ne se passe".
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