
A Moscou, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce lundi pour la Fête du travail à l'appel des syndicats pro-pouvoir ou des communistes nostalgiques de l'URSS. Quelque 25.000 militants syndicaux ont d'abord défilé dans la matinée pour un "Etat social". Plusieurs milliers de communistes ont ensuite commencé à défiler en fin de matinée, depuis le monument de Lénine place d'Octobre, brandissant des drapeaux rouges et des portraits de Staline. A Vladivostock, près de 30.000 personnes ont manifesté à l'appel des syndicats en faveur des "projets nationaux" du président Vladimir Poutine (éducation, santé, logement et agriculture).
Dénoncer le chômage
A Athènes, à l'appel de la Confédération grecque des travailleurs, celle des fonctionnaires, des organisations de gauche et altermondialistes, les manifestants ont défilé dans le centre-ville. Un autre rassemblement à l'appel du Front de lutte de travailleurs (Pame), soutenu par le parti communiste grec (KKE), a eu lieu sur la place devant la mairie d'Athènes. A Milan, et à Turin, en Italie, les manifestations ont commmencé. Plusieurs centaines de manifestants ont aussi défilé à Varsovie l'appel d'organisations de gauche, pour dénoncer le chômage et "l'arrogance" de la droite au pouvoir. En Allemagne, quelque 510.000 personnes ont participé à environ 500 manifestations au cours desquelles les orateurs ont vivement critiqué la politique économique et sociale du gouvernement, selon la Confédération allemande des syndicats (DGB).
Pas de défilé en Irak
Aucune manifestation publique n'était organisée à Bagdad, en raison des menaces d'attentats visant tout rassemblement public. Le président irakien, Jalal Talabani, a toutefois tenu à présenter ses voeux aux travailleurs à l'occasion du 1er mai, jour férié en Irak. En 2003, plusieurs centaines de militants communistes avaient manifesté à Bagdad, exprimant leur joie de pouvoir défiler librement dans la capitale irakienne pour la première fois depuis l'arrivée de Saddam Hussein au pouvoir en 1979.
Tensions au Cambodge
Des milliers de travailleurs cambodgiens ont bravé l'interdiction de manifester et ont défilé dans le centre de Phnom Penh. Chea Mony, leader de la plus importante organisation syndicale, a été brièvement détenu alors qu'il négociait avec la police l'entrée dans la capitale des manifestants qui s'étaient initialement rassemblés en banlieue. Avant d'être interpellé, Chea Mony avait accusé la police d'agir "comme Pol Pot", numéro un de l'ancien régime génocidaire des Khmers Rouges. Issus principalement de l'industrie du vêtement, les manifestants exigent une augmentation salariale et une réduction du nombre d'heures travaillées. Le Premier ministre Hun Sen, a déclaré: "Si vous travaillez moins, vous gagnerez moins", a-t-il dit.
En Thaïlande, des milliers de travailleurs ont marché en direction du siège du gouvernement à Bangkok en exigeant une augmentation de 25% du salaire minimum. Au Sri Lanka, les défilés ont été supprimé par crainte d'un nouvel attentat.
Cortèges sous surveillance en Indonésie
En Indonésie, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans les principales villes de l'archipel et dans la capitale Jakarta où 21.000 policiers ont été placés en alerte. Les syndicats ont placé cette journée sous le signe de la lutte contre un amendement à une loi de 2003 qui autoriserait des recrutements plus flexibles et supprimerait les indemnités du salarié en cas de rupture de contrat.
Quelques milliers de manifestants iraniens se sont rassemblés à Téhéran en protestant notamment contre des arriérés de salaires et les contrats de travail temporaires. En Chine communiste, le 1er mai a été marqué par la désormais traditionnelle frénésie de consommation au premier jour d'une semaine de congés.
Image LCI. Manifestation à Moscou ce lundi 1er mai.
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