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ARCHIVES

Les archives sur l'Holocauste bientôt ouvertes


le 17 mai 2006 à 08h57
Temps de lecture
4min
Mémorial Holocauste Berlin 23

L'édification du Mémorial a été précédé d'une polémique : il ne concerne que les victimes juives et l'une des sociétés chargées de l'entretien a produit du gaz Zyklon B, utilisé dans les chambres à gaz. /

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MondeLes onze pays chargés de veiller sur les archives de Bad Arolsen, en Allemagne, qui retracent les destins tragiques de 17,5 millions de victimes du nazisme, ont décidé mardi, de les ouvrir prochainement aux historiens.

L'Histoire ouvre son grand livre aux chercheurs. Les onze pays chargés de veiller sur les archives de Bad Arolsen (dans le centre de l'Allemagne), qui retracent les destins tragiques de 17,5 millions de victimes du nazisme, ont décidé mardi, lors d'une réunion près de Luxembourg, de les ouvrir prochainement aux historiens.

47 millions de documents

Après que Berlin a levé le mois dernier ses objections, les 11 Etats concernés -- Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Grèce, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Etats-Unis, Pologne et Israël -- sont tombés d'accord pour mettre fin à une semi-confidentialité de plus de 60 ans pour ces 47 millions de documents. La décision, avalisée par les ambassadeurs des onze Etats concernés, doit encore être ratifiée par chacun de ces pays, et ce, "le plus rapidement possible", ont indiqué les ambassadeurs dans un communiqué publié mardi soir à l'issue de la réunion.

Depuis New York, le Congrès juif mondial, qui fédère les communautés juives établies à travers le monde, s'est félicité de cette décision qui permettra, selon lui, de lutter contre le négationnisme. "Nous sommes heureux qu'après 60 ans, les millions de preuves écrites des meurtres de masse commis par les nazis contre les juifs seront ouvertes aux chercheurs. C'est un coup porté contre tous ceux qui nient l'Holocauste", a déclaré l'organisation.

Jusqu'ici consultables de manière individuelle

Entreposées sur 27 km de linéaire, dans des bâtiments quelconques d'une petite localité du centre de l'Allemagne, ces données n'étaient jusqu'ici consultables que dans un but "humanitaire", c'est-à-dire de manière individuelle et nominative, sur requête d'une ancienne victime ou de ses ayants-droit. Les registres des camps de concentration ou autres mandats d'arrêt établis par la Gestapo avaient en effet été rassemblés et classés après guerre dans un but très pratique : retrouver les civils déportés ou soumis au travail obligatoire par le régime hitlérien, retracer leurs parcours et, éventuellement, apporter aux anciennes victimes une preuve de leur internement, afin d'ouvrir la voie à leur indemnisation.

Aujourd'hui encore, à Bad Arolsen, plus de 300 salariés permanents continuent à traiter chaque année des dizaines de milliers de demandes individuelles, en provenance d'une soixantaine de pays. Nominatifs, ces documents issus de la scrupuleuse rigueur administrative de l'Etat national-socialiste sont par conséquent sensibles. Certains mentionnent l'homosexualité supposée de la victime ou bien précisent: "criminel professionnel". D'autres rapportent qu'une femme a été arrêtée par la Gestapo parce que, mère d'un enfant métis, elle avait refusé de se faire stériliser ou bien qu'un homme soumis au travail forcé était "schizophrène". Ces précisions expliquent les réticences de certains Etats -- notamment de l'Allemagne, jusqu'à une date récente -- pour autoriser leur ouverture aux historiens.

Modalités de recherches à définir

Les représentants des 11 Etats n'ont pas précisé mardi selon quelles modalités les archives seraient ouvertes. Ils n'ont pas dit en particulier si les chercheurs devraient s'engager par écrit à ne pas retranscrire dans leurs travaux les noms des personnes concernées.

Reste que, pour une partie de la communauté scientifique, l'accès à Bad Arolsen revêt un intérêt limité. "Du point de vue de la recherche, il n'y a rien de fondamentalement nouveau à attendre de ces documents", estime ainsi le Pr Wolfgang Benz, directeur du Centre de recherche sur l'antisémitisme à la Technische Universität de Berlin et auteur de nombreux ouvrages sur l'Holocauste et le Troisième Reich.

Image: le mémorial de Berlin. DR. Archives.

Commenter cet article

  • Uros : Et si on envoyait toutes ces archives au président iranien. peut etre ne manquerait il plus de preuves pour ne pas douter du génocide. sinon il n'a qu'a regarder les yeux d'un enfant séparé de ses parents ou les yeux de parents à qui on enlève leur enfant dans un camp dit " de travail ".

    Le 17/05/2006 à 22h39
  • Seb : Je suis d'accord pour "le devoir de mémoire" mais celui ci ne doit pas être synonyme de repentance ad vitam aeternam. Quand est ce qu'on arrêtera de remuer le couteau dans la plaie de l'Histoire de l'Allemagne? A croire que cette Histoire ne se résume qu'à seulement 12 années... il n'y a pas une seule année, où la jeunesse allemande ait le droit d'étudier serainement l'Histoire de son pays sans sans prendre plein la "gueule": bon en France ça nous vient avec l'esclavage, la colonisation ...et demain on nous reprochera la Francophonie comme "Diktat" culturel !!

    Le 17/05/2006 à 21h14
  • Johanna : D'un intérêt historique certain, surtout pour les chercheurs (car les particuliers y ont déjà accès sous certaines conditions), je ne vois pas quel idiot pourrait contester le massacre dans les camps de concentration...

    Le 17/05/2006 à 18h55
  • Flo : Tres bien, si l'on peut dire. Toutes les victimes, et leurs descendants ont sans aucun doutes a coeur que tout soit mis au grand jour. les morts sont morts mais plus il y a de preuve que l'extermination etait tout sauf le fruit du hasard, mieux c'est. Pour tous ceux qui ont etes victimes des persecutions pour une raison ou une autre, c'est un element supplementaire dans leur travail de deuil ou de memoire.

    Le 17/05/2006 à 16h00
  • Seb : Ca va être les banques suisse qui vont faire la gueule avec tout l'argent volé aux juifs par les nazis qu'elles stockent.

    Le 17/05/2006 à 14h56
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