Voici une des premières images d'une des rames dans lesquelles une des trois bombes a explosé jeudi matin. © LCIDix mois après les attentats du 7 juillet à Londres, une commission parlementaire britannique a remis jeudi son rapport sur ces quatre attaques-suicide qui ont fait 56 morts, dont les kamikazes, et 700 blessés. Deux principaux enseignements : le rôle d'al-Qaïda y reste incertain et elles ne pouvaient pas être empêchées par manque de moyens des services de sécurité.
Ces services avaient une vague connaissance, avant ces attaques dans les transports en commun londoniens, de deux des kamikazes, Mohamed Siddique Khan et Shazad Tanweer, "à la périphérie d'autres enquêtes et opérations de surveillance, indique le rapport. Mais à l'époque, ils n'avaient pas même été identifiés et leur dangerosité n'avait pas été établie. Il y avait des "priorités plus pressantes."
Aucun avertissement des services de renseignement
La commission rappelle qu'à l'époque des attentats, quelque 800 cas susceptibles d'enquête étaient identifiés, mais que les services de sécurité n'avaient pas les moyens de se consacrer à tous. Depuis le 7 juillet, trois attentats ont été déjoués au Royaume-Uni. "Si plus de ressources avaient été mises en place plus tôt, les chances d'éviter les attentats auraient été accrues", ajoutent les auteurs du rapport.
"Aucun des individus impliqués dans les attentats du 7 juillet n'avait été identifié comme une menace terroriste potentielle", insiste le rapport. "Il n'y a eu aucun avertissement des services de renseignement, y compris de l'étranger".
Siddique Khan et Shazad Tanweer s'étaient rendus au Pakistan en 2003 et 2004, a rappelé le rapport. "Il n'a toujours pas été établi qui ils y ont rencontré, mais il est probable qu'ils ont eu un contact avec des membres d'al-Qaïda".
Le rapport souligne cependant que "le degré d'implication d'al-Qaïda, à la fois en terme de soutien ou de contrôle, fait toujours l'objet d'une enquête". Il ajoute que la revendication des attentats par l'Organisation secrète d'al-Qaïda en Europe n'a "pas été considérée comme crédible par les agences", pas plus que celle, le 19 septembre, du bras droit d'Oussama ben Laden, Ayman Zawahiri.
Pas de lien entre le 7 et le 21 juillet
De la même façon, la piste d'un "cerveau" qui aurait quitté le Royaume-Uni à la veille des attentats a fait long feu. Rien ne prouve non plus, selon le rapport, que la concomitance avec le sommet du G8 à Gleneagles était intentionnelle.
Et rien n'est venu prouver que les kamikazes du 7 juillet avaient le moindre lien avec les auteurs des attentats du 21 juillet, depuis tous arrêtés. Ces derniers, d'origine africaine, avaient opéré selon le même scénario, mais raté leur coup, leurs bombes n'ayant pas explosé.
Les attentats du 7 juillet, premiers attentats-suicide jamais commis au Royaume-Uni, avaient été commis simultanément par quatre Britanniques musulmans d'origine pakistanaise venant de la région de Leeds, Mohammed Sidique Khan, 30 ans, Shazad Tanweer, 22 ans, et Hasib Mir Hussain, 18 ans. Le quatrième, Germaine Lindsay, 19 ans, était d'origine jamaïcaine.
La commission qui a rédigé ce premier rapport de 44 pages était constituée de huit députés et d'un membre de la chambre des Lords. Un deuxième rapport, du ministère de l'Intérieur, portant sur le déroulement même de ces attaques, devait également être publié jeudi.
(Une des images des attentats/archives/DR)
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