Benoît XVI en Pologne sur les pas de Jean-Paul II

le 24 mai 2006 à 18h27 , mis à jour le 25 mai 2006 à 22h16

La très catholique Pologne a accueilli ce jeudi Benoît XVI, considéré comme un héritier de Jean Paul II. Le Pape va tenter de consolider le travail de réconciliation entre les juifs et l'Eglise catholique. Il célèbrera une messe en allemand, à Auschwitz.

TF1/LCI Benoît XVI accueilli en Pologne

Le pape Benoît XVI a entamé jeudi en Pologne un voyage de quatre jours en forme d'hommage à son prédécesseur polonais Jean Paul II, qui, un an après sa mort, est révéré comme un saint dans son pays natal.

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"Je suis venu pour suivre les traces de Jean Paul II le long de l'itinéraire de sa vie", a déclaré le pape lors d'une cérémonie d'accueil sur l'aéroport de Varsovie-Okecie.

Le pape a été immédiatement confronté à son identité d'Allemand en faisant un tour de Varsovie, où on lui a montré les cicatrices de cette ville quasiment anéantie par les nazis. Il a en particulier rendu un discret hommage aux insurgés du ghetto juif, qui y avaient péri en 1943, après trois semaines de lutte contre les nazis.

Moins de monde que pour Jean-Paul II

Sur son parcours, les foules étaient bien plus modestes que lors des nombreuses visites de son prédécesseur. Au total, seulement 70.000 personnes se sont massées sur le parcours du pape entre l'aéroport et le centre-ville, selon la police. La ville était aussi beaucoup moins pavoisée de drapeaux blanc-jaune du Vatican que naguère.

Arrivé à la cathédrale Saint-Jean de Varsovie, le pape a souligné que "chaque pierre" de ce monument détruit pendant la guerre "rappelle l'histoire douloureuse" de Varsovie et de la Pologne. En s'adressant au clergé rassemblé dans la cathédrale, Benoît XVI a demandé à la Pologne de surmonter les divisions nées de son passé communiste.

Benoît XVI a achevé la première journée de son voyage en concélébrant une cérémonie oecuménique à l'église luthérienne de Varsovie.

Visite à Auschwitz

Pour ce voyage --son deuxième à l'étranger mais le premier qu'il ait lui-même programmé--, Benoît XVI a choisi de suivre les traces de son prédécesseur Jean Paul II. Le pèlerinage le mènera ainsi dans la maison natale de Karol Wojtyla, dans son archevêché de Cracovie et dans tous ses sanctuaires favoris, à commencer par le monastère de Jasna Gora, où est exposée l'icône miraculeuse de la Vierge Noire. Et comme Jean Paul II lors de son premier voyage en 1979, il se rendra dimanche au camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau.

Le pape a confié jeudi qu'il irait là plus comme catholique que comme Allemand, afin de penser à toutes les victimes de la barbarie nazie. La visite à Auschwitz "nous permettra de penser à toutes les victimes, en réalisant combien l'homme peut tomber en dessous de sa dignité en piétinant les autres", a-t-il déclaré.

Pour une réconciliation

Les dirigeants de l'Eglise polonaise n'ont cessé de souligner que Benoît XVI peut largement contribuer à une réconciliation entre la Pologne et l'Allemagne, actuellement loin d'être acquise 61 ans après la défaite nazie.

"La Providence a fait qu'un Allemand a succédé à un Polonais sur le trône de Saint Pierre", a déclaré en écho le président polonais Lech Kaczynski, dans son discours d'accueil.

"Nos deux peuples, très proches l'un de l'autre, ont souvent été séparés par l'histoire. Nous sentons aujourd'hui qu'une véritable réconciliation ne peut se faire que dans la dimension spirituelle", a-t-il affirmé.

le 24 mai 2006 à 18:27
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2 Commentaires

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  • Valentine, le 25/05/2006 à 12h51

    Quand meme, les catholiques sont les seuls à faire des gestes de réconciliation. C'est une religion de paix. Bravo, je vous encourage à continuer.

  • Franck, le 25/05/2006 à 09h43

    Vous y allez peut-être un peu fort en affirmant que la Pologne est "l'un des derniers bastions du catholicisme en Europe". La France, l'Espagne, l'Italie et l'Irlande sont bien moins laïques que ce que l'on cherche à faire croire par des raccourcis un peu simplistes. Ce n'est pas parce que le "taux de remplissage des églises", pour reprendre une expression hôtelière, est en baisse que la foi régresse pour autant. Si tout le monde se moque d'ailleurs des prises de positions du Saint Père, pourquoi alors ces dernières sont-elles toujours abondamment commentées, en bien ou en mal ? Assurément, le message du pape ne laisse jamais indifférent, et pas seulement en Pologne.

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