© afpLe gouvernement intérimaire népalais formé par l'opposition après trois semaines de manifestations contre le roi a entamé un grand nettoyage, annulant toutes les nominations décidées par le souverain depuis la fin 2002 et acceptant la démission de dizaines de responsables. Douze ambassadeurs, dont ceux en poste aux Etats-Unis, en Inde, en Grande-Bretagne ou en Chine, ont aussi été rappelés.
Gyanendra avait été forcé le 24 avril de rétablir le Parlement dissous après près de trois semaines de manifestations massives organisées à l'appel des sept principaux partis politiques avec le soutien des rebelles maoïstes et marquées par la mort de 19 manifestants. Les partis d'opposition ont dans la foulée formé un gouvernement intérimaire qui a déclaré un cessez-le-feu en réponse à une trêve unilatérale de trois mois décrétée par les rebelles. Le Parlement à nouveau réuni a annoncé la convocation d'une Assemblée constituante comme le demandaient les maoïstes en lutte contre la monarchie depuis 1996. Dimanche, le nouveau cabinet a entamé le grand nettoyage qui intervient 15 mois après la prise des pleins pouvoirs par le roi, tandis que les députés ont demandé la démission du juge suprême et la suspension des responsables des forces de sécurité.
Des dizaines de postes abandonnés dans la hâte
Le procureur général, les responsables des commissions au plan et aux femmes ainsi que les directeurs de la télévision d'Etat et des agences de presse ont également démissionné, a rapporté lundi le quotidien Rising Nepal. Des dizaines de postes abandonnés dans la hâte par des fonctionnaires nommés par le roi restent vacants. Le gouvernement lui-même ne compte pour le moment que sept ministres. De peur que les pratiques de copinage qui ont dans le passé été de rigueur dans les hautes sphères népalaises, le chef de l'association des journalistes a prévenu le gouvernement intérimaire qu'il devrait faire ses nominations sur la seule base du mérite.
La semaine dernière, le gouvernement avait déjà annulé les résultats d'élections municipales controversées organisées en février dans le cadre de la très décriée "feuille de route vers la démocratie" du roi. Certains diplomates ont émis des inquiétudes, craignant de voir les maoïstes profiter de cette vacance du pouvoir pour augmenter leur influence sur les zones rurales qu'ils contrôlent déjà en grande partie. Les maoïstes eux-même ont annoncé qu'ils changeaient de tactique et comptaient désormais se concentrer davantage sur les bulletins de vote à venir que sur les balles alors que l'insurrection a entraîné la mort de plus de 12.500 personnes.
Photo d'ouverture : militants maoïstes manifestant lors du mouvement pro-démocratie d'avril - DR
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