
Brésil puis Chili : comme d'habitude, les visites de Jacques Chirac à l'étranger sont tout autant diplomatique qu'économique. "Il faut aller là où se situe la croissance de l'économie mondiale, là où se situent les grands pôles de développement et y faire connaître les succès de la France et les capacités françaises" explique l'Elysée -le chef de l'Etat s'est déjà rendu cette année en Thaïlande, en Inde et en Arabie saoudite et devrait aller en Chine à l'automne.
Pour ce nouveau voyage, le président de la République sera tout d'abord à Brasilia pour une visite d'Etat de deux jours, marquée par des entretiens avec son homologue Luiz Inacio Lula da Silva et un discours devant les deux chambres du Congrès.
Vendredi, il gagnera Santiago pour la première visite d'Etat d'un président français depuis celle du général de Gaulle en 1964. Outre des entretiens avec la nouvelle présidente socialiste Michelle Bachelet, il présidera un forum économique franco-chilien et visitera le métro, construit en grande partie par des entreprises françaises.
Vingt patrons
La croissance du Brésil devrait s'accélérer en 2006 pour atteindre 5% et celle du Chili, considérée comme l'économie la plus compétitive d'Amérique latine, devrait être de 6%, de quoi faire pâlir d'envie la France qui table au mieux sur 2 à 2,5%. La délégation comprend cinq ministres (Affaires étrangères, Défense, Economie, Education, Industrie) et une vingtaine de grands patrons, notamment Alstom, Saint-Gobain, Areva, Suez, Thales. Le président d'Armaris sera aussi du voyage pour tenter de donner un coup de pouce à la vente au Brésil de sous-marins de type Scorpène.
L'Elysée prévient néanmoins qu'il ne faut pas attendre, "a priori, de signatures de grands contrats". "Comme toujours, dans ces voyages, ce qui compte, c'est l'effet d'impulsion. Bien souvent, la concrétisation vient plus tard" assure le porte-parole de la présidence. Il existe, selon lui, "un très fort potentiel de développement" des échanges franco-brésiliens, la France n'étant que le 7e fournisseur et client du Brésil avec 5 mds d'euros d'échanges et une part de marché de 3,7%, moitié moins que l'Allemagne.
Tensions
Au Chili, Jacques Chirac entend surtout saluer "l'ancrage démocratique" et "le progrès économique et social" de cet état sorti de la dictature du général Augusto Pinochet à la fin des années 80. Il compte aussi appuyer les efforts des entreprises françaises dans ce pays où la part de marché de la France n'est que de 2,3%.
Plus globalement, les risques de "désenchantement démocratique" face à une croissance mal partagée devraient figurer en toile de fond des discussions au Brésil et au Chili, avec notamment les tensions créées par le Venezuela et la Bolivie autour du pétrole et du gaz. Seule ombre au tableau : les négociations de l'Organisation mondiale du Commerce qui opposent le Brésil à l'Europe sur les subventions agricoles.
D'après AFP
Photo: l'arrivée de Jacques Chirac au Brésil.
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