
C'est la première visite d'un chef d'Etat français au Chili depuis la venue du général de Gaulle en 1964. Le président Jacques Chirac poursuivait sa tournée latino-américaine vendredi par une visite d'Etat à Santiago. Objectifs de la visite : saluer la convergence internationale entre les deux pays et renforcer la présence des entreprises françaises dans ce pays érigé en modèle économique régional.
La visite présidentielle devrait durer un peu plus de 24 heures. Elle débutera par une réunion de travail avec la présidente chilienne, la socialiste Michelle Bachelet. Jacques Chirac rencontrera aussi les présidents des deux chambres parlementaires et de la Cour suprême, avant d'être convié par Michelle Bachelet à un dîner d'Etat au Musée des arts contemporains.
Des "relations politiques excellentes"
Jacques Chirac, autrefois critiqué par Santiago pour la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique sud en 1995, tient à souligner les "relations politiques excellentes" avec le Chili qui a soutenu son opposition à la guerre en Irak ou récemment son projet de taxe sur les billets d'avions destiné à financer la santé dans le Tiers monde. "Nous partageons une vision commune sur l'humanisation de la globalisation et la nécessité du multilatéralisme", affirmait avant son départ le président français au quotidien chilien El Mercurio.
Sa visite, en compagnie d'une délégation de cinq ministres (Affaires étrangères, Défense, Economie, Education, Industrie) et une vingtaine de grands patrons (notamment Alstom, Saint-Gobain, Areva, Suez, Thales), n'est pas dénuée d'ambitions économiques. Doté d'une croissance de 5 à 6%, ce pays de 16 millions d'habitants, dont le commerce extérieur compose près de le moitié d'un PIB de 115 milliards de dollars, a fondé son développement sur l'ouverture, nouant des accords de libre-échange avec l'Union européenne dès 2002, les Etats-Unis en 2003 et la Chine en 2005.
La France, qui y compte 130 entreprises et entretient des échanges commerciaux de 1,6 millions d'euros, n'est toutefois que le 10ème fournisseur et 9e client du Chili, où elle ne capte que 2,3% des parts de marchés. Désireux de renforcer cette présence, Jacques Chirac se rendra samedi matin auprès de la Fédération des industriels chiliens, avant d'emprunter le métro de Santiago, symbole de la réussite des entreprises françaises à l'origine de sa conception il y a plus de 30 ans.
L'achat d'un satellite
Ce réseau urbain, dont Alstom a obtenu le marché de la quasi-totalité des rames, s'ajoute aux succès hexagonaux et européens dans le traitement de l'eau, les technologies de pointe ou l'aéronautique avec Airbus, dominant au sein de la compagnie Lan Chile. Le chef de l'Etat achèvera son déplacement par une réception à la mairie de Santiago et une rencontre avec la communauté nationale, forte de 8.000 membres, dans un lycée français.
Si aucun des accords escomptés durant la visite n'a été dévoilé, la venue de M. Chirac a cependant relancé le débat au Chili du dossier sensible de l'achat d'un satellite, à usage civil et militaire, d'un coût de 40 millions de dollars, au consortium européen EADS, une vente nécessitant justement l'accord du gouvernement français. Ce projet, financé par les forces armées chiliennes, avait été adopté par l'ancien président chilien Ricardo Lagos mais Mme Bachelet, qui lui a succédé en mars, n'a pour l'instant pas donné suite à la lettre d'intention. Ce satellite suscite une forte polémique non seulement au Chili pour son coût important mais aussi au Pérou, inquiet de la politique d'armement de son voisin andin qui vient de renouveler son parc de chars.
(Jacques Chirac/archives/DR)
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