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Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l'Allemagne, qui n'ont pas réussi à faire plier l'Iran sur son programme nucléaire, se retrouvent ce mardi à Paris pour tenter de mettre au point une stratégie commune. Cette réunion, au niveau des directeurs politiques, est la première depuis que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a conclu vendredi que l'Iran n'avait pas coopéré ni suspendu son programme nucléaire. Téhéran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique, est resté inflexible en dépit d'une injonction du Conseil de sécurité qui lui avait donné un mois pour suspendre l'enrichissement de l'uranium.
La rencontre de Paris doit ouvrir la voie à une autre, prévue le 9 mai à New York, cette fois au niveau des ministres des Affaires étrangères des six pays. Face à cet activisme diplomatique, l'Iran a multiplié les mises en garde et a dénoncé lundi auprès de l'ONU "les menaces ouvertes et illégitimes de hauts responsables américains d'user de la force contre l'Iran". Téhéran a conseillé "aux participants à la réunion de Paris de ne pas utiliser le langage de la force et de la menace car cela ne donnera pas de résultat". Pour sa part, George W. Bush a appelé la communauté internationale à présenter un "front uni" face à l'Iran. Il a lui-même téléphoné lundi à Vladimir Poutine pour discuter des moyens d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, a indiqué la Maison Blanche. Les deux dirigeants sont convenus de rester en "contact étroit" sur le sujet.
Les Russes et les Chinois toujours réticents à des sanctions
Les grandes puissances sont devant un double défi : augmenter la pression sur l'Iran, tout en préservant leur unité. Les Occidentaux comptent présenter dès la semaine prochaine au Conseil de Sécurité une résolution contraignant légalement Téhéran à se plier à ses obligations. Washington, Paris et Londres sont d'accord sur un recours au chapitre VII de la charte de l'Onu, invoqué en cas de menaces à la paix, qui peut ouvrir la porte à des sanctions, voire, en dernier ressort, à une action militaire. A mi-chemin de la position dure des Américains et de celle très réticente des Russes et des Chinois, les Européens cherchent à rassurer ces derniers en leur proposant un processus par étapes, totalement maîtrisé.
La Maison Blanche a qualifié de "pure spéculation" des informations de la presse américaine selon lesquelles les Etats-Unis envisageraient une campagne de bombardement des installations du programme nucléaire iranien. Mais une résolution qui ne ferait pas référence au chapitre VII n'aurait pas, selon les diplomates occidentaux, davantage de poids que l'injonction du 29 mars qui s'est soldée par un échec. Dès ce week-end, la Chine s'est dite opposée à toute résolution contraignante, qualifiée de "dangereuse", sans préciser si elle serait prête à utiliser son veto. Moscou, plus prudent, a de nouveau appelé dimanche Téhéran à faire "des pas concrets pour restaurer la confiance" et notamment à arrêter "ses recherches sur l'enrichissement de l'uranium".
(photo d'archives : Ahmadinejad)
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