On a parlé d'avion poubelle. Il n'en serait rien. Neuf mois après l'accident d'un biréacteur de la West Caribbean au Venezuela, les experts français ont recensé plusieurs erreurs humaines, dont une divergence d'appréciation entre le commandant de bord et son copilote, selon une source judiciaire à Fort-de-France, citée jeudi par le Figaro. 152 Français de Martinique et huit membres d'équipage colombiens ont perdu la vie dans le crash.
Selon le quotidien, "l'appareil était notablement surchargé" et "ce poids excessif était inégalement réparti au risque de déséquilibrer l'avion". Cet élément prend tout son sens quand on apprend que l'avion, en empruntant 'l'itinéraire le plus court' vers la Martinique, a dû survoler une région de hautes montagnes de l'Ouest vénézuélien. Pour corser le tout, l'engin a essuyé un violent orage. Mais, selon un magistrat cité par le journal, "les pilotes semblent avoir choisi de poursuivre leur route au lieu de se dérouter pour une zone plus calme".
"La pire des choses"
Les moteurs givrent. Le copilote en avertit son commandant de bord qui, contre son avis, refuse d'activer le dégivrage. Le premier n'a que 21 ans et a remplacé au pied levé un collègue, le second n'a effectué qu'un seul trajet à ce poste. Quand, quatre minutes avant le crash, l'équipage se rend compte que l'avion perd de l'altitude, il pense reprendre la situation en main en débranchant le pilote automatique. "C'était la pire des choses à faire", raconte au Figaro une source proche de l'enquête.
L'Association des victimes de la catastrophe aérienne a déjà indiqué qu'elle ne se contentera pas de la mise en cause des pilotes. Elle entend que soient traduits en justice la compagnie et le constructeur.








