Etrillé, Blair remanie

Par Par F.A., le 05 mai 2006 à 14h22 , mis à jour le 05 mai 2006 à 14h30

Au lendemain de sa déroute aux élections locales, le Premier ministre britannique a décidé un vaste remaniement de son gouvernement. Objectif : rétablir une autorité mise à mal depuis plusieurs mois.

[Expiré] [Expiré] blair polling station © afp

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Tony Blair n'a pas tardé. Sans même attendre la publication des résultats définitifs des élections locales qui ont eu lieu jeudi en Angleterre, il a réagi avec une célérité exceptionnelle pour entreprendre une vaste réorganisation de son gouvernement, la plus importante depuis son arrivée au pouvoir en 1997.

Il est vrai que la "punition" infligée par les électeurs, comme titrait vendredi The Daily Telegraph, est conséquente : en ne rassemblant que 26% des suffrages, le Parti travailliste a perdu au moins 220 sièges d'élus et n'arrive qu'en troisième position, loin derrière les conservateurs (40%, + 213 sièges) et de peu derrière les libéraux-démocrates (27%, -16 sièges). Il est notamment largement battu à Londres, parfois dans des fiefs tenus depuis 30 ans. Le BNP (British National Party), formation d'extrême-droite, ouvertement raciste, obtient également des résultats remarqués à ses dépens dans l'est londonien à forte population immigrée, à Barking et Dagenham, où il devient la deuxième formation au sein du conseil de quartier (borough).

Test national

Ce scrutin avait été transformé en un test national après une longue série de déboires gouvernementaux qui ont culminé avec la mise en cause de la compétence du ministre de l'Intérieur Charles Clarke et le vaudeville du vice-Premier ministre John Prescott devenu la risée de la presse britannique avec la divulgation d'une liaison extraconjugale -il restera finalement en place mais avec des pouvoirs réduits.

Les consultations ont donc débuté très tôt vendredi matin et dès la fin de la matinée, la nouvelle équipe était validée. Deux "poids lourds" ont été évincés : comme prévu, Charles Clarke laisse sa place au Home office où il sera remplacé par John Reid, ministre sortant de la Défense, et fidèle de Blair.

Straw aux Communes

L'autre départ spectaculaire est celui de Jack Straw au Foreign. Remplacé par Margaret Beckett, ministre sortante de l'Environnement, qui devient titulaire d'un ministère amputé des questions européennes, Jack Straw a été néanmoins nommé leader de la chambre des Communes, c'est-à-dire ministre des Relations avec le Parlement.

A ce poste-clé, il suivra l'agenda législatif du gouvernement à la Chambre. Une manière de signaler qu'une pause dans le rythme des réformes n'est pas à l'ordre du jour, en dépit des réticences qui ont bloqué ces derniers mois les réformes de l'éducation et du système de santé publique. Par ailleurs, Tony Blair a décidé de maintenir John Prescott à son poste de vice-Premier ministre mais avec des responsabilités réduites.

Brown attendra

Ce soudain remaniement, et son ampleur, devraient escamoter dans les médias et l'opinion publique -dont 50% souhaitent le départ de leur Premier ministre- l'importance du revers électoral enregistré par le Labour. Mais il n'empêchera pas les spéculations sur la durée du bail de Tony Blair au 10 Downing Street.

Le Chancelier de l'échiquier, Gordon Brown, promis à la succession a aussitôt lancé un avertissement en déclarant que "le renouveau du parti travailliste devait commencer immédiatement". En écho, Blair a nommé un nouveau chef de la formation au pouvoir en la personne d'Hazel Blears, une de ses fidèles. Il ne pouvait pas indiquer plus clairement son intention de ne pas engager une passation de pouvoir à court terme.

(photo afp d'archives : Blair arrivant au bureau de vote, jeudi)

Par Par F.A. le 05 mai 2006 à 14:22
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5 Commentaires

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  • Vastre, le 06/05/2006 à 02h24

    La démocratie est bien vivante chez nos voisins britanniques. Celà tranche avec l'atmosphère empuantée qui règne à Paris.

  • Bob, le 05/05/2006 à 17h15

    Tiens, ça me rapelle quelque chose... Remaniement du Gouvernement Raffarin -> Villepin !! Une pensée : Le PS souhaite la démission de Villepin pour l'affaire de Clearstream alors que Blair est toujours au gouvernement alors qu'il fait une Guerre illégale en Irak... Quelle affaire est la plus dangereuse ?

  • Flo, le 05/05/2006 à 15h47

    La consequence sera simple: les Tories vont revenir. Apres tout, les Francais ne regardent pas ailleurs, pourquoi les anglais le feraient ils? Les Tories reviendront avec leurs idees anti europeennes, le sacrifice de tout au nom du profit, en particulier en rognant sur les services publics, deja si peu vivaces. le chomage augmentera avec le cout de la vie et le royaume uni repartira dans une periode d'austerite...qui fera revenir le labour. les anglais ont presque choisis d'aller dans le mur.

  • Bazin, le 05/05/2006 à 15h01

    Alors Mme Royal Tony blair toujours votre coach? se qui me fait rire c'est que Mme Royal parle peu mais déjà pour Blair elle aurait dû se taire. Le spectacle continue...........

  • Julien, le 05/05/2006 à 14h39

    Et moi qui croyait que ca allait bien en angleterre puisqu´on veut prendre exemple sur eux avec leur politique d´emplois. Tiens, comme c´est curieux, il y a aussi une montée des extrèmes comme chez nous d´ailleurs...

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