L'UE fermée pour cause de travaux ?

Par Par David STRAUS, le 28 mai 2006 à 17h32 , mis à jour le 29 mai 2006 à 09h03

Les Vingt-cinq semblent vouloir durcir les conditions d'adhésion à l'Union européenne, non plus seulement en fonction du CV du pays demandeur mais aussi en fonction de la "capacité d'absorption" de l'Union. Pour le reste, ils peinent à relancer la machine enlisée depuis le rejet de la Constitution par la France il y a un an.

europe drapeau tete anonyme

C'est décidé. Un an après le non français à la Constitution, les Vingt-cinq se sont promis ce week-end lors d'un conclave à Vienne, de "sortir de l'immobilisme"... Mais, preuve de leurs divisions, les ministres des Affaires étrangères se sont donné jusqu'à 2009 pour trouver une solution à cette ornière, à tout le moins institutionnelle. L'Allemagne, qui assumera la présidence de l'UE au premier semestre 2007, s'est engagée à faire en juin 2007 une "proposition substantielle" à ce sujet. Le terme de "Constitution" pourrait être abandonné, histoire d'apaiser les esprits.

En attendant, comme l'a souligné le président de la Commission José Manuel Barroso, l'UE va tout faire pour prouver à ses citoyens qu'"ils ont plus que jamais besoin d'elle", en poussant "l'Europe des résultats". Mais dans quels domaines et, surtout, comment ? La Commission estime que les outils des traités actuels, comme celui de Nice, permettent d'améliorer l'efficacité des institutions. Il serait possible d'abandonner le vote à l'unanimité pour celui à la majorité qualifiée sur certaines questions de justice et de sécurité, par exemple.

Quel projet fédérateur ?

De nombreux acteurs et observateurs européens sont bien en peine de définir les projets susceptibles de remobiliser l'ensemble des populations européennes, comme l'a peut-être fait Airbus à une époque. Les secteurs de l'espace, de l'armement, de l'énergie ou de la justice civile sont parfois évoqués dans les cénacles européens, sans grande conviction. Récemment, un sénateur belge, très au fait des questions européennes, estimait que "si on demandait aux citoyens européens ce qui les préoccupaient aujourd'hui, ils répondraient le chômage, l'insécurité et l'immigration". "Et, la plupart considèrent volontiers qu'il suffirait de régler la troisième question pour régler les deux premières", déplorait-il.

Durcir l'adhésion

Ce week-end, à Vienne, les Vingt-cinq se sont montrés prêts, pour répondre aux "préoccupations de nombreux citoyens européens", à durcir à l'avenir les conditions d'entrée dans l'Union. Il s'agit là de l'entrée de nouveaux membres et non d'individus. En 1993 à Copenhague, les Européens s'étaient mis d'accord sur trois critères à remplir par les adhérents : être une démocratie reconnaissant les droits de l'Homme, développer une économie de marché et adopter les règles européennes. Aujourd'hui, ils pourraient y ajouter le critère dit de "capacité d'absorption". Ou du moins, préciser ce critère.

"C'est une réflexion de bon sens que de dire qu'avant d'accueillir de nouveaux membres, avant de faire que l'édifice comporte de nouveaux étages, il faut s'assurer que les fondations sont solides et qu'on est en mesure de faire que tout se passe bien, pour continuer à faire que l'élargissement soit une réussite", a expliqué la ministre française des Affaires européennes, Catherine Colonna. Bien que Paris assure ne pas chercher "une excuse pour retarder le processus", certains Etats continuent d'y voir un moyen déguisé pour freiner toute nouvelle adhésion. Celles de la Bulgarie et de la Roumanie, programmées pour 2007 ou 2008, ne sont pas en cause. Mais celles de la Croatie ou des pays des Balkans le seraient assurément.

Par Par David STRAUS le 28 mai 2006 à 17:32
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Eric, le 28/05/2006 à 22h07

    Tout ce tapage pour passer a 25 et maintenant quoi? On ferme la porte. En gros on est d'accord pour elargir, histoire de faire du business a l'Est, faudrait pas que les ricains viennent chasser sur nos terres. Une fois que la zone est securisee, on ferme tout. L'Europe est a l'image de la France. Des beaux discours par devant, du business sauvage par derriere. Circulez, y a rien a voir! C'est que les Enarques qui sont suffisamment dignes pour ces grands ideaux-la, c'est bien connu...

  • Eric, le 28/05/2006 à 21h23

    La France ressemble actuellement plus a une republique bananiere sud americaine qu`a une democratie europeenne , c`est elle le probleme de l`Europe....

  • Citoyen, le 28/05/2006 à 19h32

    Si l'idee d'une union europeenne est si bonne, il faut l'elargir. Si elle est devenue bancale car bureaucratique, etatique, presque sovietique, alors il est heureux qu'on ralentisse son expansion. Les chanceux sont dehors, les autres paieront.

  • Philippe, le 28/05/2006 à 19h27

    On n'en veut pas de leur traites,de leurs constitutions et autres projets. Aujourd'hui en Europe on va ou on veut, travaille ou on veut et les marchandises circulent librement, pas besoin de loi sociale et autres foutaises, non c'est non!

  • Stéphane, le 28/05/2006 à 19h20

    Si l'UE méprise le non au référendum sur la Constitution qui en fait était un non franc et massif à l'adhésion de la Turquie et au libéralisme sauvage, ce sera la fin de l'UE. Que les technocrates et autres penseures bruxellois y songent avec beaucoup d'attention...

  • Oliroma, le 28/05/2006 à 18h55

    On fait un référendum quand vous voulez sur la Turquie. Non c'est non.

  • Olivier, le 28/05/2006 à 18h47

    C'est parfaitement hypocryte ! Une telle mesure, justifiée ou non, n'aurait eu de sens qu'AVANT l'adhésion d'une dizaine de pays d'un coup. Il ne reste plus que quelques malheureux pays à la porte : Roumanie, Bulgarie, Croatie... on n'en est plus à ça près !

  • Meetoo, le 28/05/2006 à 18h36

    Ah !!! et c'est seulement maintenant qui ils pensent !!!! et bien quand on voit les grandes ecoles d'ou viennent la plupart des nos dirigeant... on se dit qu'il vaut mieux venir d'en bas !

  • Lohey, le 28/05/2006 à 18h04

    Quel mépris anti-démocratique au possible !!! On a voté, c'est non ! Alors ils vont l'appeler autrement ?!? C'est clair, jeu ne veux plus faire partie de cette europe des élites irrespectueuses du reste du monde ! J'ai toujours été favorable à l'europe. Dorénavant, jeu participerai à tout ce qui sortira la france de cette dictature.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience