
C'est décidé. Un an après le non français à la Constitution, les Vingt-cinq se sont promis ce week-end lors d'un conclave à Vienne, de "sortir de l'immobilisme"... Mais, preuve de leurs divisions, les ministres des Affaires étrangères se sont donné jusqu'à 2009 pour trouver une solution à cette ornière, à tout le moins institutionnelle. L'Allemagne, qui assumera la présidence de l'UE au premier semestre 2007, s'est engagée à faire en juin 2007 une "proposition substantielle" à ce sujet. Le terme de "Constitution" pourrait être abandonné, histoire d'apaiser les esprits.
En attendant, comme l'a souligné le président de la Commission José Manuel Barroso, l'UE va tout faire pour prouver à ses citoyens qu'"ils ont plus que jamais besoin d'elle", en poussant "l'Europe des résultats". Mais dans quels domaines et, surtout, comment ? La Commission estime que les outils des traités actuels, comme celui de Nice, permettent d'améliorer l'efficacité des institutions. Il serait possible d'abandonner le vote à l'unanimité pour celui à la majorité qualifiée sur certaines questions de justice et de sécurité, par exemple.
Quel projet fédérateur ?
De nombreux acteurs et observateurs européens sont bien en peine de définir les projets susceptibles de remobiliser l'ensemble des populations européennes, comme l'a peut-être fait Airbus à une époque. Les secteurs de l'espace, de l'armement, de l'énergie ou de la justice civile sont parfois évoqués dans les cénacles européens, sans grande conviction. Récemment, un sénateur belge, très au fait des questions européennes, estimait que "si on demandait aux citoyens européens ce qui les préoccupaient aujourd'hui, ils répondraient le chômage, l'insécurité et l'immigration". "Et, la plupart considèrent volontiers qu'il suffirait de régler la troisième question pour régler les deux premières", déplorait-il.
Durcir l'adhésion
Ce week-end, à Vienne, les Vingt-cinq se sont montrés prêts, pour répondre aux "préoccupations de nombreux citoyens européens", à durcir à l'avenir les conditions d'entrée dans l'Union. Il s'agit là de l'entrée de nouveaux membres et non d'individus. En 1993 à Copenhague, les Européens s'étaient mis d'accord sur trois critères à remplir par les adhérents : être une démocratie reconnaissant les droits de l'Homme, développer une économie de marché et adopter les règles européennes. Aujourd'hui, ils pourraient y ajouter le critère dit de "capacité d'absorption". Ou du moins, préciser ce critère.
"C'est une réflexion de bon sens que de dire qu'avant d'accueillir de nouveaux membres, avant de faire que l'édifice comporte de nouveaux étages, il faut s'assurer que les fondations sont solides et qu'on est en mesure de faire que tout se passe bien, pour continuer à faire que l'élargissement soit une réussite", a expliqué la ministre française des Affaires européennes, Catherine Colonna. Bien que Paris assure ne pas chercher "une excuse pour retarder le processus", certains Etats continuent d'y voir un moyen déguisé pour freiner toute nouvelle adhésion. Celles de la Bulgarie et de la Roumanie, programmées pour 2007 ou 2008, ne sont pas en cause. Mais celles de la Croatie ou des pays des Balkans le seraient assurément.
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