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La fin des mutineries à Sao Paulo


le 16 mai 2006 à 08h26
Temps de lecture
3min
TF1/LCI : une voiture de police mitraillée à Sao Paulo, lors d'une série d'attaques du crime organisé contre les autorités

Une voiture de police mitraillée à Sao Paulo, lors d'une série d'attaques du crime organisé contre les autorités /

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MondeL'offensive du crime organisé contre la police et le système pénitentiaire dans l'Etat de Sao Paulo, qui a fait 133 morts, dont 40 policiers, s'est achevée lundi soir dans les prisons avec la fin de toutes les mutineries.

L'offensive du crime organisé contre la police et le système pénitentiaire dans l'Etat de Sao Paulo aura duré trois jours. Le bilan est lourd : 133 morts, dont 40 policiers, selon le dernier bilan officiel fourni mardi. Lundi soir, le calme était de retour dans les rues de la ville et la fin de toutes les mutineries était déclarée.

La criminalité organisée avait poursuivi entre dimanche et lundi sa démonstration de force en s'attaquant également à des banques et des bus et non plus seulement aux postes ou voitures de police. Les autorités ont indiqué dans la soirée de lundi avoir maîtrisé toutes les mutineries et libéré 244 otages par la négociation, sans incidents ni victimes. Ces mutineries coordonnées, qui ont touché depuis vendredi jusqu'à 73 prisons sur 144, s'inscrivaient dans l'offensive lancée par l'organisation criminelle Premier Commando de la Capitale (PCC) contre la police et les autorités pénitentaires, après le transfèrement de 165 détenus vers une prison de haute sécurité.

91 personnes arrêtées

Les autorités ont recensé 251 attaques au total contre la police et des objectifs civils depuis vendredi, selon le service de presse du gouvernement de l'Etat de Sao Paulo. Parmi les morts figurent quatre passants et 71 délinquants présumés, tandis qu'au moins 53 personnes ont été blessées, dont 37 agents des forces de l'ordre. La police a arrêté 115 "criminels" et a saisi 113 armes. Pour la première fois, le crime organisé s'est attaqué à des objectifs civils: 56 bus ont été incendiés dans la nuit de dimanche à lundi, tandis que huit agences bancaires ont essuyé des tirs. Plusieurs compagnies ont décidé lundi de suspendre partiellement ou totalement leurs liaisons, laissant des centaines de milliers de personnes sans moyen de transport. Une station de métro a également essuyé des tirs.

Climat d'anxiété et couvre-feu

Lundi les Paulistes ont quitté en masse leur travail en tout début d'après-midi pour regagner leurs lointaines banlieues, dans un climat d'anxiété alimenté par des rumeurs d'attaques imminentes et de couvre-feu. Les réseaux de téléphonie cellulaire ont été saturés par la multiplication des appels. Le rush a provoqué jusqu'à 200 km d'embouteillages dans cette mégalopole de quelque 20 millions d'habitants. Peu après 20H, Sao Paulo semblait en revanche une ville morte avec une circulation réduite au minimum. Quelques attaques se sont produites lundi en plein jour. Une journaliste de l'AFP a vu une voiture de police essuyer des coups de feu dans un quartier huppé de Sao Paulo. L'offensive a été attribuée au PCC, l'une des principales organisations criminelles implantées au coeur des prisons, dont les ramifications s'étendent à l'extérieur des centres de détention.

Refus de l'aide fédérale

Le ministre de la Justice Marcio Thomaz Bastos a de nouveau proposé lundi l'aide du gouvernement central à l'Etat de Sao Paulo lors d'une réunion avec le gouverneur Claudio Lembo. Mais le gouverneur de Sao Paulo a de nouveau rejeté toute intervention fédérale. "La présence de l'armée n'est pas nécessaire, la police de l'Etat accomplit efficacement sa mission", a assuré M. Lembo. La police a par ailleurs décidé de demander aux opérateurs de télécommunications d'empêcher les liaisons par téléphone cellulaire depuis les prisons à partir desquelles auraient été coordonnées les attaques.

Image LCI. Une voiture de police mitraillée à Sao Paulo lors d'une série d'attaques meurtrières. 

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