
Le gouvernement de coalition d'Ehud Olmert, composé de 25 ministres, a été investi lors d'un vote jeudi au Parlement israélien. Un peu avant, le Premier ministre avait affirmé qu'Israël fixerait unilatéralement ses frontières si l'Autorité palestinienne ne coopérait pas", insistant que le gouvernement palestinien dirigé par le Hamas ne serait "jamais un partenaire".
"Lorsque nous serons parvenus à la conclusion que l'Autorité palestinienne traîne les pieds et se dérobe à des négociations sérieuses, nous agirons d'une autres façon", a-t-il averti. "Si l'Autorité palestinienne ne coopère pas, nous agirons par nous-mêmes pour fixer des frontières qui nous permettront d'être en mesure de nous défendre".
Des "négociations immédiates"
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont le mouvement Fatah a perdu les législatives de janvier face au Hamas, a immédiatement réagi, se disant prêt à des "négociations immédiates" avec le nouveau gouvernement Olmert. Et ce "pour appliquer la Feuille de route et établir un Etat palestineien. Pour le porte-parole du Hamas, Israël ne veut pas négocier avec les Palestiniens et le plan Olmert de fixer unilatéralement les frontières orientales d'Israël était "une déclaration de guerre au peuple palestinien".
Le 31è gouvernement de coalition que présente M. Olmert, chef du parti centriste Kadima, dispose d'une majorité de 67 députés représentant quatre formations et le vote de la Chambre ne devrait en principe être qu'une simple formalité.
Vainqueur des législatives de mars avec 29 élus, Kadima projette de fixer les frontières permanentes d'Israël avec les Palestiniens d'ici 2010 en procédant à des retraits et à des démantèlement de colonies de Cisjordanie, avec ou sans l'accord des Palestiniens. Ce projet implique un démantèlement des dizaines de colonies isolées et en maintenant d'importants blocs d'implantations et un contrôle sur la vallée du Jourdain. Les Palestiniens rejettent ce plan, faisant valoir qu'un tel projet les empêcherait de créer un Etat viable.
"A qui allons-nous donner cette terre ?"
"La poursuite de la colonisation dispersée en Judée-Samarie (Cisjordanie : ndlr) nous met en danger", a dit M. Olmert à la Knesset. Israël a coupé les ponts avec l'Autorité palestinienne qu'il considère officiellement comme une "entité terroriste hostile" depuis la formation du gouvernement par les islamistes du Hamas en mars.
Le chef de l'opposition israélienne, l'ancien Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu du Likoud, hostile à toute concession territoriale, n'a pas mâché ses mots contre le gouvernement Olmert, l'accusé de "tout donner aux Palestiniens sans négociations".
"A qui allons-nous donner cette terre ? A quelqu'un qui oeuvre pour un Hitler des temps modernes", a-t-il dit en allusion au président iranien ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.
Avant le vote, les députés ont élu la députée Dalia Itzik du Kadima à la présidence de la Knesset, la première femme à occuper ce poste. Aux postes clés du gouvernement figurent Mme Tzipi Livni, numéro deux du cabinet et ministre des Affaires étrangères, et Amir Peretz, le chef travailliste à la Défense.
(Ehud Olmert/archives/DR)
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