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Les chefs de la diplomatie des six puissances majeures se retrouvaient lundi à New York pour élaborer une stratégie commune visant à obliger l'Iran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium, alors que les Etats-Unis réfléchissent à une stratégie d'isolement financier (lire : "Washington brandit l'arme financière contre Téhéran"). Téhéran pour sa part, brouillant les cartes, a fait une ouverture spectaculaire en direction de Washington, sous la forme d'une lettre de Mahmoud Ahmadinejad à son homologue américain George W. Bush, rompant avec 26 ans d'absence de contacts directs entre Téhéran et Washington (lire : "Ahmadinejad écrit à Bush").
Les ministres des Etats-Unis, de Russie, Grande-Bretagne, France, Chine et Allemagne, en désaccord sur une résolution contraignante pour Téhéran, ainsi que Javier Solana, Haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure, avaient lundi soir un dîner de travail pour tenter de s'entendre sur les moyens d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Dans la matinée, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu ont eu une nouvelle discussion informelle sur ce dossier qui n'a pas permis d'aplanir les divergences avant cette réunion ministérielle. Ils n'ont pas produit de nouvelle version du projet de résolution franco-britannique sur lequel ils discutent depuis plusieurs jours, laissant le soin aux ministres de tenter de progresser.
Une résolution contraignante... sans mention du chapitre VII ?
Le projet de résolution, qui enjoint à Téhéran de geler son programme d'enrichissement d'uranium sans toutefois le menacer encore de sanctions, fait l'objet de réticences particulièrement fortes de Pékin et de Moscou. Le principal point d'achoppement est la mention du chapitre VII de la Charte de l'Onu, qui au nom de la sécurité internationale permet d'envisager des sanctions économiques ou même une intervention militaire. Même si certains comme la France s'opposent au recours à la force, les Occidentaux jugent indispensable la référence à ce chapitre, qui seul permet, selon eux, de rendre la résolution contraignante. Mais Pékin et Moscou, qui entretiennent des liens commerciaux étroits avec l'Iran, sont réservés sur ce chapitre, qui avait été utilisé par les Etats-Unis pour justifier l'intervention en Irak.
Selon des diplomates basés à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), les Occidentaux chercheraient un moyen de reformuler le projet de résolution pour le rendre acceptable par la Russie et la Chine. Ils examineraient notamment la manière de garder un caractère contraignant au projet mais en invoquant seulement certains articles spécifiques du chapitre VII et non son intégralité.
Image LCI. Le président Mahmoud Ahmadinejad.
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