Si l'Iran veut de l'énergie, les Européens sont prêts à lui en fournir. Mais pas question de permettre à Téhéran d'enrichir sur son sol de l'uranium. Voilà en synthèse la proposition que l'Europe va soumettre au régime iranien... qui l'a rejetée par avance.
Selon un projet révélé par l'AFP, l'Union européenne est prête à aider l'Iran à construire plusieurs réacteurs à eau légère et à créer une banque de combustible nucléaire si Téhéran cesse d'enrichir de l'uranium. La Russie pourrait enrichir sur son sol de l'uranium pour l'Iran. Pour parfaire le marché, Grande-Bretagne, France, et Allemagne prépareraient une série de contreparties commerciales, technologiques et de sécurité à un éventuel assentiment de l'Iran. Parmi celles-ci, Téhéran recevrait l'assurance d'être associé aux discussions sur la situation au Proche-Orient.
Pessimisme
Mais le document énumère aussi quinze sanctions ciblées parmi lesquelles le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait choisir si les Iraniens ne se conformaient pas aux demandes internationales. Il s'agirait de sanctions, n'impliquant pas la force militaire, de type embargos, gel des avoirs du régime, etc.
Selon un diplomate occidental, les Etats-Unis, qui estiment que l'Iran utilise son programme nucléaire civil pour dissimuler des activités menant à l'arme atomique, soutiennent les propositions européennes "à certaines conditions". Mais, d'après le New York Times, Washington serait plutôt hostile à la nouvelle offre de Bruxelles, principalement à l'idée de laisser certaines entreprises faire affaires impunément avec la république islamique.
Les trois Européens, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne, doivent se réunir à Londres mercredi prochain pour mettre au point une position commune sur la base de ces propositions. Mais les milieux diplomatiques sont pessimistes. Le Conseil de sécurité a demandé le 29 mars à l'Iran de se soumettre à la demande de l'AIEA de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium et de coopérer pleinement à une enquête lancée il y a trois ans.
(Image LCI : Mahmoud Ahmadinejad)







