Une "Journée de l'Europe" à l'heure du doute

le 09 mai 2006 à 21h02 , mis à jour le 09 mai 2006 à 22h50

Le vingtième anniversaire de "la Journée de l'Europe" n'a pas fait vibrer les foules au sein de l'UE, alors que la poursuite de l'élargissement divise les Européens, en panne de projet politique. L'Estonie est pourtant devenue ce même jour le quinzième pays à ratifier la Constitution européenne.

TF1/LCI La tour Eiffel en bleu pour la fête de l'Europe

Le "jour de l'Europe" a été l'occasion mardi de débats dans des cafés prestigieux des capitales des 25 sur l'avenir de l'UE, à l'horizon politique toujours obscur en dépit de la ratification symbolique de la Constitution européenne en Estonie. La présidence autrichienne de l'UE avait sélectionné 27 cafés, un pour chaque capitale (y compris Sofia et Bucarest dont l'adhésion est prévue en 2007 ou 2008) pour y tenir un débat "très libre" sur l'idée d'Europe.

A Vienne, la rencontre a eu lieu au Café central, où le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Hans Winkler a dialogué avec une petite centaine de lycéens, alors qu'à Lisbonne le café Martinho da Arcada a proposé aux participants 27 différentes pâtisseries traditionnelles. Mais très souvent, ces débats n'ont rassemblé qu'une poignée de personnes, comme à Bruxelles ou Paris. Au café Les Deux Magots, célèbre rendez-vous du tout-Paris de l'après-guerre, une cinquantaine d'intellectuels pro-Européens ont ainsi longuement disserté entre eux, réclamant davantage de "culture" et de "rêve".

Pour être plus proches des préoccupations fondamentales des citoyens européens, il fallait aller à Bucarest où quelque 10.000 personnes ont manifesté pour exiger un salaire minimum de 500 euros d'ici à 2007, contre environ 80 euros actuellement. La poursuite de l'élargissement divise en effet les Européens, en panne de projet politique depuis les non français et néerlandais à la Constitution européenne il y a bientôt un an.

"Il est insensé qu'on ne parle plus d'Europe en France depuis le référendum"

Pour "rappeler aux Français la place qu'occupe l'Europe", le gouvernement français avait multiplié les initiatives (Tour Eiffel illuminée en bleu, tickets de métro et de train de la même couleur...) pour célébrer l'anniversaire de la déclaration fondatrice du Français Robert Schuman. Le 9 mai 1950, alors ministre des Affaires étrangères, il avait appelé à la construction pas à pas de l'Europe, en commençant par la mise en commun du charbon et de l'acier. "Il est insensé qu'on ne parle plus d'Europe en France depuis le référendum. Il faut que les Français reparlent d'Europe entre eux et avec les autres", a jugé l'ancien commissaire européen et ministre des Affaires étrangères Michel Barnier. Celui-ci était à Bruxelles pour présenter un projet de force européenne de protection civile pour renforcer l'efficacité de l'UE au moment des crises et des catastrophes internationales.

Afin de réconcilier les citoyens avec l'UE, le nouveau leitmotiv des dirigeants européens est en effet de réaliser des projets concrets, faute de consensus prévisible à court terme sur l'avenir du projet de Constitution. "Un traité constitutionnel européen a besoin de temps, si nous avons besoin de deux années supplémentaires, ce ne serait pas dramatique", a souligné le président de l'Assemblée nationale autrichienne, Andreas Khol, devant le Parlement européen à Bruxelles, où avaient été invités pour le 9 mai des délégations de tous les Parlements nationaux. L'Estonie a pourtant célébré à sa manière la Journée de l'Europe en devenant le quinzième pays à ratifier la Constitution européenne, par voie parlementaire. Son voisin finlandais devrait être le prochain sur la liste, d'ici au 1er juillet.

Image: la Tour Eiffel vêtue de bleu à l'occasion de la fête de l'Europe. DR.

le 09 mai 2006 à 21:02
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4 Commentaires

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  • Non, le 10/05/2006 à 17h26

    Beaucoup de gens retienne de l'Europe pour l'instant la ponction dans notre porte-monnaie depuis l'Euro!! et les contraintes d'alignement sur les autres pour les avantages sociaux qui pour nous sont des désavantages

  • Regis, le 10/05/2006 à 12h28

    L'europe pour moi, ca ne veut plus rien dire, aucune légitimité puisque pas de constitution signée par les francais... la France et les francais d'abord, voila ce qui me convient...

  • Julien, le 10/05/2006 à 11h31

    Quand on est pas de l'élite dirigeante ou gouvernante, je pense que nous résumons l'europe à ce qu'elle nous apporte dans la vie quotidienne. Et à vrai dire, de là à la résumer à l'euro, il n'y a qu'un pas que beaucoup d'entre nous ont franchi. Or, l'euro, si il a pu aider nos groupes français (à lire les déclarations de parachutés tout d'or vêtus), il faut bien avouer qu'il nous a rendu la vie bien plus difficile, et surtout bien plus chère. Dans ces conditions on ne nous en voudra pas d'avoir quelques réserves sur la belle europe.

  • Vastre, le 10/05/2006 à 06h39

    Mieux vaudrait faire l'Europe qu'organiser une journée de l'Europe. Tout ceci ne rime à rien : veut-on se faire pardonner d'avoir refusé la constitution ? Lorsque la France avait un vrai chef de l'Etat, les choses avançaient plus vite. Depuis qu'elle n'en a plus, tout est bloqué, sauf le spectacle !

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