© AFP / Tim SLOANTrois semaines après une première mobilisation, les "Latinos" -ils sont 40 millions aux Etats-Unis- ont réussi ce lundi un nouveau tour de force pourobtenir une réforme de l'immigration et la régularisation des 11 à 12 millions de sans-papiers installés dans le pays.
Des centaines de milliers de personnes ont le travail et défilé d'Est en Ouest, tandis que l'initiative a bénéficié d'une couverture médiatique massive, les chaînes de télévision multipliant les images des cortèges.
"Qui va ramasser vos tomates ?"
A Chicago, ils ont été par exemple 300 000 à battre le pavé, à Los Angeles, 500 000. A chaque fois, la démonstration était la même : sans les Hispaniques, légaux ou clandestins, les Etats-Unis ne peuvent plus fonctionner. "Qui va ramasser vos tomates ? Qui va construire vos maisons ?", interrogeait ainsi une banderole dans un cortège à Homestead, une petite ville de Floride dont la moitié des 36 000 habitants est d'origine hispanique.
Dans la mesure où le 1er mai n'est pas férié aux Etats-Unis, ce boycott n'a néanmoins pas fait l'unanimité parmi les groupes communautaires. Certains craignaient en effet un retour de bâton et le licenciement d'employés, qui se trouvent tous dans une situation précaire. Dans les principaux secteurs où travaillent les Hispaniques -construction, restauration, distribution et agriculture- les entreprises se sont organisées pour faire face au mouvement.
De son côté, George W. Bush a dénoncé ce boycott, en rappelant son attachement à une "réforme étendue" de l'immigration incluant un programme de "travailleurs invités". En 2004, un film avait évoqué d'une manière tragi-comique le poids des hispaniques dans la vie et l'économie américaine : "Un jour sans Mexicains" imaginait le chaos si la Californie se réveillait un matin sans ses millions d'immigrés latinos.
Photo d'ouverture : manifestation d'Hispaniques aux Etats-Unis - AFP / Tim SLOAN
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