Libye : nouvelle attente pour les infirmières bulgares

le 11 mai 2006 à 08h34 , mis à jour le 11 mai 2006 à 11h01

Le procès de cinq infirmières bulgares et d'un médecin palestinien, détenus depuis sept ans en Libye, a été reporté une nouvelle fois, jeudi à Tripoli. Les accusés, déjà condamnés à mort une première fois, sont au centre d'une affaire controversée de contamination de malades par le sida.

Infirmières bulgares Libye2004 © DR

Quand les infirmières bulgares, accusées par les autorités libyennes d'avoir propagé le virus du sida, entreverront-elles enfin une issue à leur cauchemar ? Incarcérés depuis 1999, les infirmières et un médecin palestinien avaient été condamnés  le 6 mai 2004 à Benghazi, dans le nord-est de la Libye, pour avoir "inoculé le virus du sida à 426 enfants libyens, dont 51 sont morts, alors qu'ils  travaillaient à l'hôpital local". Les accusés, qui clament leur innocence, avaient fait appel auprès de la Cour suprême libyenne qui a ordonné le 25 décembre la tenue d'un nouveau procès. Celui-ci s'est ouvert jeudi, le temps pour le sjuges de renvoyer l'affaire au 13 juin.

"Tous les enfants malades seront envoyés en France et en Italie au cours des deux prochaines semaines. Environ 200 enfants seront envoyés dans trois hôpitaux, deux à Paris et un à Marseille. Les autres seront soignés en Italie dans quatre hôpitaux, deux à Rome et deux à Milan", a affirmé lundi le porte-parole des familles des victimes libyennes, Idriss Lagha. "Nous renouvelons notre confiance dans la justice libyenne et nous demandons au monde de ne pas intervenir dans le fonctionnement de la justice d'un Etat indépendant", a-t-il poursuivi.

Fâcheuses caricatures 

Le co-découvreur du virus du sida, Luc Montagnier, et le professeur italien Vitorio Colizzi, qui avaient témoigné devant le tribunal libyen, ont estimé que l'épidémie s'était déclenchée avant l'arrivée des infirmières et était due à la mauvaise hygiène à l'hôpital.

Les familles libyennes ont réclamé 10 millions de dollars de compensation pour chacun des 426 enfants contaminés, selon la télévision bulgare. Cette somme correspond au montant des indemnisations payées par la Libye aux familles des 270 victimes de l'attentat de Lockerbie perpétré en 1988 contre un avion de la compagnie américaine PanAm. Cette demande de dédommagements a été formellement rejetée par la Bulgarie, qui estime que les infirmières sont innocentes. Sofia a toutefois accepté le principe d'une action humanitaire contre le sida en Libye.

Alors que l'annonce de ce nouveau procès semblait dénoter une décrispation de Tripoli, la publication par un journal bulgare de caricatures du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi début mai a suscité le vif mécontentement de la Libye. Les 12 caricatures, qui se moquent de Mouammar Kadhafi et de la justice libyenne, demandent au dirigeant libyen de "prendre conscience de la monstrueuse absurdité du procès" intenté aux cinq infirmières et au médecin. L'une des caricatures montre Kadhafi jouant aux échecs avec des infirmières en utilisant des barils de pétrole en guise de pions.

D'après AFP

le 11 mai 2006 à 08:34
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