
Romano Prodi, prochain chef du gouvernement italien, est engagé dans de difficiles négociations avec la droite afin de trouver un candidat de consensus pour la Présidence de la République avant le début du scrutin, lundi, au Parlement. Le premier vote commencera en milieu d'après-midi à Montecitorio, l'hémicycle de la Chambre des députés à Rome où les 1.010 grands électeurs - députés, sénateurs et représentants des 20 régions - ont été convoqués pour désigner le successeur de Carlo Azeglio Ciampi.
Un seul tour de scrutin est prévu lundi et l'opération va durer plusieurs heures. Pour être élus, les prétendants devront obtenir 674 voix, soit la majorité des deux tiers. Deux autres scrutins sont prévus mardi, toujours à la majorité des deux tiers. L'élection se fait à la majorité absolue à partir du quatrième tour mercredi. Le candidat de la gauche devra obtenir 506 voix - sachant que sa coalition compte 541 élus.
Massimo d'Alema ? Mario Monti ? Giuliano Amato ?...
Pour l'heure, son prétendant est Massimo d'Alema, 57 ans, chef de deux gouvernements de 1998 à 2000 et président du parti des démocrates de gauche, formation issue du Parti communiste italien. Il est le seul nom présenté par Romano Prodi, mais la droite le refuse. "La proposition d'un politicien d'un parti de gauche est simplement indécente", a affirmé dimanche Silvio Berlusconi, chef du gouvernement démissionnaire et patron de la coalition de la droite, au cours d'une réunion politique à Milan.
Romano Prodi peut passer outre et faire élire Massimo D'Alema au quatrième tour. Mais "un président de la République élu de cette manière aurait un effet dévastateur pour le pays", a averti un de ses alliés, le président des socialistes italiens (Sdi) Enrico Boselli, alliés aux Radicaux dans le parti "La Rose au poing" et hostile à la candidature de Massimo d'Alema. Le chef de l'Etat est le garant de l'unité du pays. Or l'Italie est sortie des élections législatives des 9 et 10 avril divisée et la gauche a gagné avec une très courte majorité au Sénat. Les deux camps ont engagé des pourparlers menées par Ricardo Franco Levi, collaborateur de Romano Prodi, et Gianni Letta, éminence grise de Silvio Berlusconi. Leurs rencontres samedi n'ont donné aucun accord et de nouveaux contacts étaient prévus dimanche.
"Il y a d'autres candidats de valeur", a reconnu dimanche Francesco Rutelli, chef du parti de la Marguerite (centre-gauche), sans citer de noms. Le Vatican et l'Eglise italienne sont entrés en lice avec des prises de position de leurs quotidiens, l'Osservatore Romano et Avvenire, contre la candidature de Massimo d'Alema et un soutien affiché pour Mario Monti, ancien commissaire européen proche du centre droit. Sont également cités Giuliano Amato, qui a succédé à Massimo d'Alema à la tête du gouvernement de 2000 à 2001; le sénateur à vie de gauche Giorgio Napolitano et le médecin et ancien ministre Umberto Veronesi. Silvio Berlusconi soutient pour sa part la candidature de Gianni Letta et la Ligue du nord a annoncé qu'elle votera pour son chef, Umberto Bossi.
Photo d'ouverture : Romano Prodi - archives
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