Napolitano élu président de la République italienne

le 10 mai 2006 à 13h06 , mis à jour le 10 mai 2006 à 13h43

Giorgio Napolitano, 80 ans, le candidat de l'Union de la gauche italienne, a été élu mercredi président de la République au quatrième tour de scrutin. C'est ce qu'indique le décompte toujours en cours des suffrages des parlementaires.

[Expiré] [Expiré] giorgio napolitano © AFP

Le candidat de l'Union de la gauche italienne, l'ancien communiste Giorgio Napolitano, 80 ans, a été élu mercredi président de la République avec 542 voix au quatrième tour de scrutin, selon un décompte non-officiel. Napolitano devait obtenir 505 suffrages, soit la majorité absolue des 1009 grands électeurs, composés des députés, sénateurs et représentants des vingt régions. La droite avait donné consigne de voter blanc.

Vétéran de l'antifascisme et ancien membre du Parti communiste italien, Giorgio Napolitano aura la lourde tâche d'"unir" l'Italie, un  pays coupé en deux par des élections législatives remportées sur le fil par la coalition de Romano Prodi. Premier homme politique issu des communistes à accéder à la plus haute  charge de l'Etat, Giorgio Napolitano n'en est pas à son premier fait "sans précédent".

"Un sens de la révolte"

En 1996, cette figure de la gauche italienne fut ainsi le premier "ex-rouge" à accéder au poste de ministre de l'Intérieur. Reconnu pour sa modération, sa prudence et son sens de l'Etat, Giorgio Napolitano a été l'un des premiers mais aussi l'un des plus fervents partisans du virage réformiste imprimé au début des années 90 au "plus grand parti communiste d'Europe".

Né le 29 juin 1925 à Naples, il s'engage dès l'âge de 17 ans dans un groupe  de résistants communistes, avant d'entrer au parti en 1945 et d'être élu pour la première fois au Parlement en 1953. "Quand je me suis rapproché puis inscrit au PCI (...), je fus beaucoup plus  poussé par un sens de révolte morale que par un quelconque choix idéologique", a  récemment confié celui qu'on surnommait "le plus libéral"  des communistes. Juriste, poète à ses heures et comédien sur quelques scènes de théâtre dans sa jeunesse, il se consacre très tôt au sud défavorisé de la Péninsule.

Le premier

Réélu député à chaque élection, il entre en 1962 à la direction nationale du  parti, dont il sera chef pour les politiques économiques (1976-1979), puis  responsable pour la politique extérieure et les relations internationales  (1986-1989). C'est dans les années 80 qu'il s'attire le plus de critiques au sein de sa  formation, d'une part pour ses tentatives de dialogue avec les socialistes de  Bettino Craxi, d'autre part en appelant avec quelques années d'avance à une refonte du parti. "Il a vu avant nous de quel côté nous devions aller et il faut lui reconnaître le mérite d'avoir indiqué en premier cette voie nécessaire",  admettait il y a quelques semaines Massimo d'Alema, l'actuel président des Démocrates de gauche (DS).

Aujourd'hui respecté par toute la classe politique, Giorgio Napolitano devra très vite montrer ses qualités d'homme d'Etat, au-dessus des querelles de partis, à l'approche d'un référendum visant à approuver une réforme importante de la Constitution voulue par la droite et qu'il n'a cessé de critiquer ses derniers mois. Marié depuis bientôt cinquante ans, le onzième  président, dont le visage quasiment dénué de rides ne  fait pas penser à un octogénaire, est père de deux enfants qui l'ont fait plusieurs fois grand-père.

(Photo : Giorgio Napolitano - AFP)

le 10 mai 2006 à 13:06
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11 Commentaires

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  • D'jeun, le 11/05/2006 à 10h15

    Ouais... Ils ont raison les italiens d'avoir choisi un jeune président de 80 ans, c'est dans les vieux pots que l'on fait le bon minestrone... Et puis cela leur permettra de changer peut-être bientôt.!!!

  • Mattia, le 11/05/2006 à 08h50

    Il vaut peut-être mieux des vieux et honnêtes que des jeunes et ... . Je ne le trouve pas beaucoup plus agé qu'un certain Mrs Giscard d'E et j'ai beau chercher je ne me souviens pas avoir entendu dire que Mrs Napolitano ait été mèlé à une histoire de diamants.

  • Stef, le 11/05/2006 à 05h01

    Un communiste en 2006, bravo les Italiens, je me demande s'ils se rendent compte qu'ils insultent la mémoire de millions de personnes en élisant un bon "humaniste bolchevik"

  • Ludo, le 11/05/2006 à 02h02

    En Italie, le président n'a pas de fonctions exécutives. Il ne fait que de la représentation. Ca ne fait donc rien qu'il soit agé. C'est comme élire un sage à la tête de l'état. C'est mieux qu'en France où le président n'est guère plus, jeune, a beaucoup de pouvoir et est un mafieux demasqué depuis longtemps!

  • Marie, le 10/05/2006 à 16h37

    Peut être que ça peut changer ... pire c'est pas possible

  • Patrick, le 10/05/2006 à 16h26

    Bonjour les presidents ou premier ministre de certains pays devraient etre a la retraite depuis longtemps quand on sait que l'age legal pour etre a la rtraite est 60 ans mais eux les politiques n'en ont jamais asser toujours plus d'argent et de pouvoir

  • Moimeme, le 10/05/2006 à 14h51

    Bravo! l'ere berlusconi est definitivement terminee.

  • Antonino, le 10/05/2006 à 14h20

    Un président de 80 ans!!! Il est là "par intérim" (...) Le pauvre, comment pourra-t-il gérer l'Italie "après Berlusconnienne" avec ses crises et ses déchirures d'après élections ? Bon courage quand même.

  • Jon, le 10/05/2006 à 14h08

    Ces vieillards qui nous gouvernent....

  • Michel, le 10/05/2006 à 13h41

    Et on se plaint en france d'être gouverner par des vieux ! Pauvres italiens..

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