Le nouveau visage de la CIA

le 08 mai 2006 à 14h36 , mis à jour le 08 mai 2006 à 18h08

Le président Bush a nommé le général Michael Hayden au poste de directeur de la CIA pour remplacer Porter Goss. Une nomination qui suscite des critiques au Congrès y compris dans les rangs de la majorité républicaine. Plusieurs élus ont fait part de leurs inquiétudes sur le choix d'un militaire plutôt que d'un civil.

TF1/LCI Michael Hayden, nouveau patron de la CIA

Quelques jours après la démission surprise de Porter Goss, George W. Bush a choisi de nommer le général Michael Hayden à la tête de la CIA. "Mike Hayden est suprêmement qualifié pour ce poste", a-t-il déclaré en annonçant cette nomination. "Il a démontré une capacité à adapter nos services de renseignement aux nouveaux défis de la guerre contre le terrorisme. Il est l'homme de la situation pour diriger la CIA à ce moment crucial de l'histoire de notre pays", a-t-il ajouté.

Jusqu'ici bras droit du directeur national du renseignement, John Negroponte, Michael Hayden, 61 ans, a dirigé entre 1999 et 2005 la NSA, l'Agence pour la sécurité nationale, l'une des principales agences américaines de renseignement avec la CIA. Sa nomination, qui était attendue, suscite des critiques au Congrès y compris dans les rangs de la majorité républicaine. Le général Hayden est en effet à l'origine d'écoutes illégales menées sur le sol américain dans le cadre de la lutte contre le terrorisme depuis 2002.

"Le fait qu'il soit militaire, un problème principal"

Le général Hayden est avant tout, un militaire de carrière devenu expert en renseignement. Il a fait ses premières armes dans l'espionnage en Bulgarie, derrière le rideau de fer au début des années 80, comme attaché à l'ambassade des Etats-Unis à Sofia. Les élus républicains et démocrates se sont empressés de critiquer le choix d'un militaire plutôt que d'un civil. Ils ont aussi fait part de leurs inquiétudes sur le soutien apporté par Hayden au programme controversé de mise sur écoute des Américains dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Pete Hoekstra, le président républicain de la commission sur le renseignement à la Chambre des représentants, a déclaré que ce n'était pas le moment "d'avoir un militaire à la tête d'une agence civile", sur Fox News. D'autres élus ont souligné que même si le général Hayden quittait l'armée de l'Air, après sa nomination qui doit encore être confirmée par le Sénat, les craintes n'en seraient pas effacées pour autant. "Le fait qu'il soit un militaire aujourd'hui est en fait le problème principal", a affirmé le sénateur républicain Saxby Chambliss sur ABC.

Une tâche difficile

L'audition au Sénat du général Hayden, promet d'être houleuse. Le républicain Arlen Specter, à la tête de la commission Justice du Sénat a prévenu qu'il profiterait de cette audition pour demander des informations sur le programme d'écoutes clandestines menées aux Etats-Unis, afin de déterminer s'il est légal ou non. De plus, la tâche du nouveau directeur s'avère difficile alors que l'image de la célèbre Central Intelligence Agency a durement souffert pour n'avoir pas su prévenir et empêcher les attentats meurtriers du 11 septembre 2001 et pour son rôle controversé dans les prétendues preuves de présence d'armes de destruction massive en Irak.

Photo AFP: Stephen JAFFE. Le général Michael Hayden.  

le 08 mai 2006 à 14:36
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