© afp"J'annonce que l'Iran est disposé à répondre positivement à la reprise des négociations sur son programme d'enrichissement nucléaire sans aucune condition préalable". Tel est le message qu'a envoyé mardi, depuis Kuala Lumpur, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, à la troïka européenne (France, Allemagne et Royaume-Uni). Il s'exprimait à l'issue de deux jours d'une réunion du Mouvement des non-alignés qui a apporté son soutien à Téhéran sur le dossier nucléaire. Une marque d'ouverture cependant aussitôt relativisée à Téhéran par le porte-parole des Affaires étrangères : "Nous devons attendre et voir quelles propositions seront faites. Ils devront nous les soumettre pour qu'on les étudie et voir quelle suite leur donner".
Les pays de l'UE3 préparent un paquet de propositions "incitatives" - à la fois politiques, commerciales et de coopération dans le domaine nucléaire civil - visant à convaincre Téhéran de renoncer à l'enrichissement de l'uranium. Ils doivent participer jeudi à Vienne à une rencontre avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie pour discuter d'un marché à proposer à l'Iran.
Un test des intentions de Téhéran
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait ridiculisé début mai l'offre à venir des Européens pour que l'Iran suspende l'enrichissement d'uranium. "Ils pensent qu'ils peuvent prendre notre or et nous donner en échange quelques noix et des chocolats", avait-il dit. Le haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, Javier Solana, a estimé pour sa part que l'offre que les Européens présenteraient à l'Iran serait un test des intentions des Iraniens concernant l'utilisation de l'uranium enrichi. "S'ils la rejettent, a-t-il indiqué, ce sera encore un signe clair qu'ils ne cherchent pas seulement à produire de l'énergie" nucléaire pour une utilisation civile, mais qu'ils ont aussi une finalité militaire.
En attendant l'offre européenne, le porte-parole iranien des Affaires étrangères a réaffirmé qu'un gel de l'enrichissement n'était pas "à l'ordre du jour". Tout en précisant que son pays pourrait envisager de renoncer à l'enrichissement à échelle industrielle impliquant l'utilisation d'un grand nombre de centrifugeuses et se limiter au domaine de la recherche. "Il y a différentes interprétations des activités expérimentales. Le nombre des centrifugeuses peut être négocié", a-t-il dit. L'Iran avait affirmé en avril avoir réussi à enrichir l'uranium à 3,5% puis à 4,8%.
Photo d'ouverture : le centre expérimental de Natanz - archives
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