Le crime organisé a poursuivi sa démonstration de force lundi dans l'Etat de Sao Paulo en s'attaquant à des banques et autobus, alors que les attaques contre la police et les mutineries ont déjà fait 81 morts, dont 39 policiers, selon un nouveau bilan officiel. Les autorités ont recensé 180 attaques au total depuis vendredi dans l'ensemble de l'Etat, a indiqué le service de presse du gouvernement de l'Etat de Sao Paulo. Parmi les morts figurent quatre passants et 38 délinquants présumés, tandis qu'au moins 48 personnes ont été blessées, dont 33 agents des forces de l'ordre. La police a arrêté 91 assaillants présumés.
Pour la première fois depuis vendredi, le crime organisé s'est aussi attaqué à des objectifs civils : 56 bus ont été incendiés dans la nuit. Dix compagnies de bus sur douze ont décidé de suspendre partiellement ou totalement leurs liaisons, laissant des centaines de milliers de personnes sans moyen de transport dans l'une des plus grandes mégalopoles du monde. Une station de métro a également essuyé des tirs. Par ailleurs, 13 agences bancaires ont été la cible d'attaques durant la nuit, selon la Fédération des banques brésiliennes. Enfin, lundi, des mutineries se poursuivaient dans 45 des 144 prisons de l'Etat le plus riche et le plus peuplé du Brésil, et 195 personnes étaient détenues en otage par les rebelles.
Cette série d'attaques a été attribuée à l'une des principales organisations criminelles implantées au coeur des prisons, le Premier Commando de la Capitale (PCC) dont les ramifications s'étendent à l'extérieur des centres de détention. L'offensive du PCC contre la police et les prisons a été déclenchée selon les autorités par le transfèrement de 765 détenus vers une prison de haute sécurité, dans l'intérieur de l'Etat de Sao Paulo. L'un des chefs du PCC surnommé "Marcola" aurait déclaré aux autorités que l'offensive déclenchée vendredi soir "ne peut être stoppée", indiquait lundi le journal électronique Terra Magazine. Selon ce média, des responsables de la police ont rencontré samedi les chefs du PCC pour tenter - sans succès - de les convaincre de mettre fin au soulèvement.








