© INTERNEC'est la fin d'un exil de plus trente ans. Des familles forcées par la Grande-Bretagne de quitter l'archipel des Chagos dans l'Océan Indien pour que les Etats-Unis puissent en faire une base militaire ont remporté une action en justice à Londres pour obtenir le droit de rentrer chez elles.
Londres avait forcé entre 1965 et 1973 les habitants de sa colonie à partir pour les îles Maurice et Seychelles et avait loué la plus grande de ces îles, Diego Garcia, aux Etats-Unis qui y avaient établi une base ultra-secrète.
Leurs "belles îles"
Les deux magistrats ont estimé que le gouvernement britannique avait pris en compte les intérêts militaires de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, mais pas ceux des habitants de sa colonie. "La tentative du gouvernement britannique de supprimer le droit de séjour des îliens après les avoir expulsés secrètement il y a trente ans a été déjouée", s'est réjoui l'avocat des familles concernées, Richard Gifford. Les deux juges ont autorisé les habitants à retourner dans leurs "belles îles", a-t-il ajouté. Le gouvernement britannique a cependant la possibilité de faire appel.
En 1965, au moment de l'indépendance de l'île Maurice, alors colonie britannique, Londres décide de garder l'archipel très stratégique des Chagos, composée d'une soixantaine d'îles dont Diego Garcia, qui étaient pourtant placées sous administration mauricienne. L'Onu condamne ce "démantèlement" de Maurice, mais en vain.
"Un grand moment historique"
Dans la foulée, la Grande-Bretagne loue Diego Garcia pour une période de 50 ans aux Etats-Unis, qui transforment cette île de 44 km2 en base militaire ultra secrète. Puis l'île, occupée par quelque 2.000 autochtones, pour la plupart des descendants d'esclaves, est vidée de ses habitants qui sont envoyés à Maurice.
Les avocats des habitants des Chagos ont fait valoir devant la justice britannique qu'ils devraient être autorisés à revenir au moins dans les autres îles de cet archipel. "C'est un jour très spécial pour nous, un grand moment historique", a commenté après le jugement Olivier Bancoult, dirigeant du Groupe des réfugiés de Chagos, qui regroupe la majorité des Chagossiens vivant à Maurice, ajoutant qu'ils allaient rentrer aux Chagos "dès que possible".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




