"La priorité, traiter ceux qui souffrent du 'crush syndrome'"

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER, le 28 mai 2006 à 17h22 , mis à jour le 28 mai 2006 à 22h10

INTERVIEW. Après le séisme qui a frappé samedi le sud de Java, les associations humanitaires se mobilisent. Fractures, nécroses, dysfonctionnements rénaux, les pathologies liées aux séismes nécessitent des soins particuliers de toute urgence. Des équipes de Médecins sans frontières sont arrivées sur place dimanche.

TF1/LCI Blessés Indonésie Yogyakarta séisme © Mike Clarke/AFP

LCI.fr : Les informations en provenance de Java font état d'au moins 4600 morts, 20000 blessés et des centaines de milliers de personnes déplacées, Médecin sans frontières a-t-il pu obtenir des précisions sur place ?

Graziella Godain, directrice adjointe des opérations de MSF : "Il est encore un peu tôt pour avoir une vision exhaustive de la situation. Pour le moment, on s'active à essayer de définir l'étendue des besoins. Nous avons réussi à joindre deux hôpitaux sur les cinq que compte Jogyakarta, la région la plus touchée. Ils nous ont signalé énormément de blessés. Certains très sévèrement touchés.

LCI.fr : Quelle est la priorité ?

G.G : Pour nous, l'urgence est de traiter ceux qui souffrent du "crush syndrome", ce sont des personnes qui sont restées coincées très longtemps sous les décombres. Elles risquent la mort ou l'amputation si elles ne sont pas soignées très rapidement. Le principal effet secondaire de ce "crush syndrome" est néphrologique, c'est-à-dire lié aux reins qui se "mettent en panne".

LCI.fr : De quels moyens disposez-vous ?

G.G : Justement pour tous ces problèmes de reins, on a envoyé une équipe chirurgicale spécialisée. On sait qu'il existe déjà sur place un dispositif dédié à la néphrologie mais on ne sait pas s'il est toujours en état de marche. On a aussi envoyé une équipe en traumatologie. Chacune se compose de quatre personnes : un chirurgien, un anesthésiste, un médecin et une infirmière. Elles devaient arriver dans la zone concernée dimanche après-midi.

Parallèlement, un hôpital gonflable, qu'on avait testé lors du séisme au Pakistan, devait partir lundi matin de Bordeaux. Il se monte en 24 heures et possède une capacité modulable de 250 lits. Des tentes pour les patients et les familles vont également être déployées.

LCI.fr : Ces équipements sont destinés aux "grands blessés", qu'en est-il des personnes sinistrées ?

G.G : On évalue entre 300.000 et 400.000 les personnes touchées par le séisme. Nous avons déjà sur place des équipes médicales pour tout ce qui concerne les soins externes, les soins ambulatoires, et des soins de bases. Mais pour ça, on est moins inquiet, on sait que l'entraide là-bas est bien développée.

(L'hôpital de Yogyakarta, dimanche, PHOTO AFP, MIKE CLARKE)

Par Propos recueillis par Amélie GAUTIER le 28 mai 2006 à 17:22
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1 Commentaires

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  • Thibault, le 28/05/2006 à 19h22

    Plus de 4000 morts et on en parle déjà plus... Comment aider les populations touchées par ce drame ? Car ce ne sont pas de prières qui vont les abriter ou les nourrir..

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