Une voiture de police mitraillée à Sao Paulo, lors d'une série d'attaques du crime organisé contre les autoritésPlus d'une cinquantaine de personnes dont 35 policiers ont été tuées ce week-end, et 53 blessées, dans une centaine d'attaques armées menées par le crime organisé contre la police de Sao Paulo. Les autorités policières de l'Etat de Sao Paulo ont attribué à la principale organisation criminelle de la région, le "Premier commando de la capitale" (PCC), cette véritable action de guerre lancée apparemment en représailles au transfèrement de centaines de prisonniers vers un établissement pénitentiaire de haute sécurité.
En dépit de l'important dispositif déployé après une première offensive dans la nuit de vendredi à samedi, qui s'était déjà soldée par 30 morts dont 23 policiers, la guerre du crime organisé s'est poursuivie de samedi à dimanche avec une quarantaine d'attaques. La police a arrêté 77 suspects. 36 mutineries ont eu lieu au cours du week-end dans les prisons de l'Etat de Sao Paulo, le plus peuplé du pays, a indiqué le gouvernement sans préciser le nombre d'établissements pénitentiaires encore contrôlés par les mutins dimanche soir. D'après les médias brésiliens de dimanche, il y aurait plus de 130 personnes prises en otages, pour la plupart des gardiens de prison. Les autorités ont suspendu le droit de visite des parents des détenus dans certaines prisons, ce qui a aggravé les tensions.
"Sao Paulo ne pliera pas devant le crime"
Le secrétaire à la sécurité de l'Etat de Sao Paulo a déclaré à la presse que les autorités s'attendaient à une telle "réaction criminelle" après la décision de l'administration pénitentiaire de transférer 765 prisonniers vers une prison de haute sécurité. Une opération décidée par les autorités pour prévenir un vaste plan d'évasion lors d'une "méga-rébellion" prévue pour ce dimanche dans les prisons par le PCC à l'occasion de la Fête des Mères brésilienne, jour où augmentent traditionnellement le nombre de mises en liberté provisoire et les visites de proches.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a déclaré depuis Vienne où il participait au sommet de l'UE-Amérique latine/Caraïbes que la violence au Brésil était attribuable à un manque d'investissement dans les programmes sociaux. Il a indiqué avoir demandé à son ministre de la Justice, Marcio Thomaz Bastos, "de mettre fin aux rébellions à Sao Paulo et d'éviter plus de morts".
Photo d'ouverture : une voiture de police mitraillée à Sao Paulo, lors d'une série d'attaques du crime organisé contre les autorités - DR
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