Ils avaient un choix décisif à faire. Les Monténégrins ont voté en nombre dimanche lors d'un référendum historique sur l'indépendance vis-à-vis de la Serbie, un choix qui peut conduire au démembrement définitif de la Yougoslavie. A 20h30, la participation était de 86,6 %.
Les sondages donnent les indépendantistes favoris avec 56 % des voix. "C'est un grand jour pour le Monténégro", a dit le Premier ministre indépendantiste du Monténégro, Milo Djukanovicen ajoutant : "en réglant le dilemme du référendum, le Monténégro ouvrira une perspective pour son intégration dynamique à l'Europe". "Je crois à notre victoire", a rétorqué son principal adversaire, Predrag Bulatovic, principal leader des unionistes.
"Nous ne pouvons pas vivre sans la Serbie"
Certains électeurs n'hésitaient pas à révéler leur choix. "Le Monténégro mérite d'être indépendant", déclarait fièrement Mihajlo Bulatovic, 81 ans, vêtu du costume traditionnel des paysans monténégrins après avoir déposé son bulletin dans l'urne bleue scellé à la cire. "Nous ne pouvons pas vivre sans la Serbie", déclarait à l'inverse Slobodan Dedic, un étudiant de 26 ans.
L'indépendance, si elle l'emporte, signifiera la fin de la Yougoslavie dont les autres républiques - Slovénie, Croatie, Bosnie, Macédoine - se sont séparées lors des guerres des années 90 dans les Balkans. Le Monténégro (650.000 habitants) et la Serbie, près de 15 fois plus peuplée, ont formé en 2003, sur les ruines de la Yougoslavie, une union aux liens distendus, permettant à Podgorica de bénéficier d'une autonomie pratiquement totale.
Une réconciliation difficile
Le Monténégro dispose déjà d'un gouvernement, d'un parlement, d'une monnaie (l'euro) et d'un système douanier qui lui sont propres. S'il parvient à l'indépendance, il mise sur le développement du tourisme le long de sa côte Adriatique où de nombreux hôtels sont actuellement en cours de construction ou rénovation.
Mais Belgrade a insisté pour que les deux pays restent ensemble et a ouvertement pris parti pour les unionistes, considérant les aspirations indépendantistes de son petit voisin comme l'équivalent d'une trahison. Le Monténégro et la Serbie ont la même langue (le serbe) et les mêmes références, historiques, culturelles ou religieuses. Au Monténégro, le débat sur l'indépendance, qui dure depuis plusieurs années, a divisé le pays en deux blocs antagonistes, dont la réconciliation, pourrait être difficile.
Les autorités ont craint des troubles dès l'annonce du résultat du référendum et les leaders des deux camps ont lancé des appels au calme. Les premières estimations sur le résultat du vote devaient être annoncées dans la nuit de dimanche à lundi.
(Dans les bureaux de vote dimanche/DR)








