Tony Blair s'accroche à son fauteuil de Premier ministre

le 08 mai 2006 à 13h28 , mis à jour le 09 mai 2006 à 09h27

Tony Blair a réitéré lundi sa volonté de poursuivre ses réformes. Il refuse de fixer une date pour un départ anticipé du pouvoir qui, selon lui, "paralyserait le travail du gouvernement et nuirait au pays".

Tony Blair

Après une semaine difficile pour Tony Blair, qui s'est vu dans l'obligation de remanier son gouvernement après la déroute de son parti aux élections locales,  le Premier ministre a réitéré lundi sa volonté de poursuivre ses réformes. Il refuse ainsi de fixer une date pour un départ anticipé du pouvoir qui, selon lui, "paralyserait le travail du gouvernement et nuirait au pays".

Le Premier ministre britannique après une conférence de presse - occasion de lancer sa contre-offensive - avait décidé d'aller affronter directement le groupe parlementaire travailliste au sein duquel circulent deux projets de pétitions lui fixant un ultimatum de trois mois pour clairement annoncer les modalités et la date d'une transition du pouvoir. Il n'en est pas question, a rétorqué Tony Blair, pour qui afficher un calendrier précis de départ paralyserait l'action du gouvernement, nuirait au pays et ne mettrait pas un terme aux spéculations et tensions au sein du Labour autour de sa succession.

La contre-attaque des "pro-Blair" contre le "complot"

L'entourage de Tony Blair, criant au "complot", avait déjà lancé dimanche la contre-attaque. Le nouveau ministre de l'Intérieur, John Reid, fidèle de Blair, a dénoncé "une tentative de coup planifiée et orchestrée par les opposants aux réformes" au sein du Labour. Il faut dire que 52 parmi 104 députés travaillistes interrogés par la BBC se disent prêts à signer un texte qui demanderait à Tony Blair de quitter Downing Street d'ici à un an.

Toutefois, les travaillistes avaient tiré les leçons du "coup" qui au sein du parti conservateur avait imposé le départ de Margaret Thatcher en 1990, en modifiant leur règlement intérieur. Il serait désormais très difficile aux opposant de Blair de rassembler toutes les conditions requises pour le contraindre à quitter le pouvoir. Ceci d'autant plus qu'il a été élu démocratiquement il y a seulement 12 mois pour un troisième mandat. Les partisans de Blair aiment à rappeler que le promoteur du renversement de Margaret Thatcher, Michael Heseltine, avait ensuite été écarté de la succession à la "Dame de fer" : avertissement au Chancelier de l'échiquier Gordon Brown.

Gordon Brown ronge son frein, Tony Blair parle réformes

Cette remise en cause de Tony Blair a en tout cas relancé les rumeurs sur une tension accrue dans ses relations avec le camp de Gordon Brown, le potentiel successeur, qui s'efforce de plus en difficilement de masquer son impatience d'accéder au 10 Downing Street. Tony Blair a répété lundi qu'il avait toujours l'intention d'accomplir l'essentiel de son troisième mandat et qu'il tiendrait sa promesse d'une transition en bon ordre. Pour cela il quittera le pouvoir à temps, a-t-il assuré, pour que son successeur soit bien en place avant les élections de 2009 où 2010.

Blair, dont la pugnacité est légendaire, a confirmé qu'il n'était pas décidé à s'en laisser compter. Il a remis en avant sa volonté de mettre en oeuvre un très lourd programme de réformes. Sa tentative de rétablir son autorité en opérant un brutal et ample remaniement ministériel dans les heures qui ont suivi la défaite électorale travailliste, la semaine dernière, aux élections locales, n'a, à l'évidence, pas eu les effets escomptés. Le risque pour les travaillistes serait alors de faciliter la montée en puissance spectaculaire, en cours, du nouveau et jeune dirigeant de l'opposition, le conservateur David Cameron.

Image Tony Blair. DR.

le 08 mai 2006 à 13:28
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2 Commentaires

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  • Eric, le 08/05/2006 à 14h29

    Il n'y a pas qu'en France que les politiciens s'accrochent à leur poste contre la volonté du peuple.

  • Guillaume, le 08/05/2006 à 14h11

    A 260 000 € par an, on peut comprendre qu'il veuille garder son fauteuil. Ce n'est pas mieux outre-Manche en fait.

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