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Italie
Le chef de l'Eglise italienne, le cardinal Camillo Ruini a dans un premier temps appelé au boycott du film avant d'enjoindre les fidèles à engager un grand travail pédagogique sur l'histoire du christianisme et la foi chrétienne : "il faut aider les gens à faire clairement la distinction entre les faits certains sur l'origine et l'histoire du christianisme et les œuvres d'imagination et de falsification".
Les autorités ecclésiastiques italiennes ont par ailleurs demandé fin avril le retrait d'une publicité pour le film qui recouvrait la façade en travaux de l'église San Pantaleo à Rome. Le diocèse de Rome avait qualifié cette affiche de "provocation".
Ceccano, un bourg situé à environ 70 km au sud-est de Rome, brûlera samedi sur un bûcher le livre de Dan Brown. Le "comité civique", à l'origine de cette initiative, juge le livre "blasphématoire" et insultant pour Jésus Christ. "Les chrétiens doivent réagir avec force et conviction à cette horrible attaque contre la très sainte personne de Jésus" écrit le comité, mené par deux conseillers municipaux, Stefano Gizzi, démocrate chrétien, et Massimo Ruspandini, d'Alliance Nationale (droite conservatrice).
Belgique
Les évêques de Belgique ont joué la carte de la prudence : "le "Da Vinci Code" est une fiction et doit être considéré comme tel. Cependant, les fictions influencent les mentalités. Il est donc utile de rappeler que ce récit ne repose sur aucun fondement historique sérieux. Nous espérons que la sortie du film donne à beaucoup l'envie de davantage s'informer sur l'histoire du christianisme".
Royaume-Uni
Certains représentants de l'Eglise catholique, estimant le film trompeur et mensonger, ont demandé que sa projection soit accompagné d'un "avertissement" aux spectateurs.
Grèce
L'Eglise grecque orthodoxe soutient que le contenu du "Da Vinci Code" est "aberrant". Le saint-synode, organe suprême de l'Eglise grecque, a distribué début mai, à l'issue de la messe du dimanche, des brochures expliquant que d'un point de vue religieux et historique, le contenu du livre était complètement faux : "l'œuvre offense et mine d'une manière perfide la conscience religieuse", a précisé l'Eglise de Grèce.
Par ailleurs, la justice a rejeté une requête déposée par un petit groupe intégriste orthodoxe, "Le glaive de feu", qui réclamait le retrait du film.
Espagne
Le chef de l'Eglise d'Espagne, l'évêque Ricardo Blazquez, a déclaré que le "Da Vinci Code" contenait "des aspects qui font offense aux chrétiens" avant d'avouer qu'il n'avait pas eu le temps de le lire. "Selon ce que j'ai pu entendre, il s'agit d'une énorme fiction, qui dans la perception de beaucoup de gens, ne sépare pas totalement bien la réalité de la fiction", a conclu le président de la Conférence épiscopale.
Russie
A Moscou, l'Eglise orthodoxe russe a dénoncé le "Da Vinci Code" comme une "provocation dangereuse" et a mis en garde contre d'éventuelles réactions violentes et "passionnées" des croyants.
Bulgarie
L'Eglise orthodoxe bulgare de Sofia a annoncé qu'elle demanderait l'interdiction de cette oeuvre "blasphématoire" et "pernicieuse".
Pologne
A Varsovie, deux sénateurs polonais ont demandé au ministre de la Justice d'interdire la distribution en Pologne d'un film qui constitue, selon eux, "une offense aux sentiments religieux" et "viole la Constitution" polonaise.
- Amériques
Etats-Unis
Le groupe conservateur des "femmes inquiètes pour l'Amérique" (CWA) a publié une liste des "10 plus importantes déformations de la réalité du "Da Vinci Code"". Selon Robert Knight, l'un des responsables du CWA, le "Da Vinci Code" est un livre "habile et dangereux, truffé de mensonges, de déformations de la réalité, d'images sataniques et d'inexactitudes historiques".
Une coalition de groupes religieux a appelé à un boycott du film, qui selon elle diffame le christianisme et le judaïsme et n'est qu'"un tas d'ordures".
- Asie
Singapour
Le comité de censure cinématographique a interdit la projection du "Da Vinci Code" aux moins de 16 ans, arguant qu'un public non averti serait incapable de distinguer la fiction et la réalité.
Corée du Sud
Un tribunal sud-coréen a rejeté, au nom de la liberté d'expression, une demande d'interdiction du film, accusé de "blasphème" par le très conservateur Conseil chrétien coréen. "Il est très improbable que le film incline les spectateurs à croire que son contenu relève de faits réels. Les citoyens ont déjà leur propre perception de la vie de Jésus Christ et du christianisme, et il est tout à fait improbable que le film la modifie", indique le jugement du tribunal. L'Eglise catholique sud-coréenne ne s'est pas associée à l'action en justice du Conseil, composé en majorité d'Eglises protestantes conservatrices, même si certains de ses membres ont multiplié les attaques contre le "Da Vinci Code".
Thaïlande
Le film a échappé de justesse à une coupe de 10 minutes, mais la censure a cependant imposé une annonce avant chaque diffusion soulignant le caractère fictif de l'histoire. La Commission de la censure, qui est contrôlée par la police nationale en Thaïlande, un pays à majorité bouddhiste, avait décidé de couper 10 minutes à la fin du film, à la suite d'une intervention de groupes chrétiens qui l'avait convaincue que certaines scènes étaient blasphématoires. Le distributeur du film avait fait appel de la décision. Une commission gouvernementale a voté par six voix contre cinq en faveur de la diffusion du film dans son intégralité, demandant en contrepartie au distributeur de changer certains mots dans le sous-titrage en thaï.
Inde
Un groupe catholique indien a appelé les chrétiens à entamer une grève de la faim jusqu'à la mort s'il le faut, pour protester contre la diffusion du "Da Vinci Code". Une cinquantaine de personnes ont suivi l'appel. Début mai, le chef du groupe catholique Catholic Secular Forum avait bon espoir que le film soit interdit : "s'il ne l'est pas, ils risquent de devoir faire face à la mort de quelques personnes, ce qui aura un impact négatif sur le gouvernement au pouvoir", déclarait Joseph Dias. Le sort du film est toujours en suspens, où les autorités doivent se prononcer sur son éventuelle interdiction.
Indonésie
L'Eglise catholique, très isolée dans cette nation musulmane la plus peuplée au monde avec 220 millions d'habitants (90% musulmans), a jugé que l'oeuvre n'était pas de nature à ébranler la foi des fidèles.
Chine
L'Eglise catholique officielle chinoise, contrôlée par le pouvoir, a cependant accusé le film de violer l'éthique et la morale religieuses et appelé à son boycottage, selon l'agence officielle Chine Nouvelle.
A Hong Kong, l'Eglise catholique a opté pour des séminaires visant à présenter sa position. Fervent catholique, le chef de l'exécutif, Donald Tsang, a assisté à la première et défendu sa position: "Il ne s'agit que de fiction", a-t-il déclaré au journal Apple Daily.
- Moyen Orient
Jordanie
Le conseil des Eglises (CEJ) a appelé début mai à interdire le film, estimant qu'il portait "atteinte à l'image du Christ, aux symboles religieux chrétiens et musulmans car il met en doute ce qui est écrit dans l'évangile et le Coran sur la personnalité du Christ".
- Océanie
Australie
Un cinéma australien a indiqué qu'il n'allait pas programmer le "Da Vinci Code", en raison du contenu religieux controversé du film, qui risquerait d'offenser des spectateurs. A la demande de ses propriétaires, l'Entrance, un cinéma indépendant au nord de Syndey, ne diffusera pas le "Da Vinci Code", malgré les importantes pertes potentielles, a déclaré le directeur, Denton Wright. "Les propriétaires sont de fervents catholiques. Ils n'ont pas interdit le film, ils ont juste choisi de ne pas le programmer parce qu'ils ne veulent offenser personne", a-t-il déclaré.
L'Eglise anglicane de Sydney envisage de réclamer la diffusion d'une courte vidéo pour "dire la vérité sur Jésus".
- Vatican
Vatican
Comme prévu, c'est dans l'entourage du pape que les réactions ont été les plus virulentes. Le cardinal français Paul Poupard, piliers du Vatican, a dénoncé "l'ignorance religieuse, l'ignorance tout court" et "l'absence de culture de base" qui "rendent difficile le discernement entre le conte le fantastique et l'attaque à l'histoire, et aux valeurs représentées par l'Eglise".
Le cardinal nigérian Francis Arinze a lui estimé qu'il fallait poursuivre en justice les auteurs du "Da Vinci Code" : "il est de notre devoir de faire quelque chose de concret. Ce n'est pas moi qui dirais à tous les chrétiens ce qu'ils doivent faire, mais certains connaissent des moyens juridiques que l'on peut utiliser". Et d'ajouter : "ceux qui blasphèment exploitent le fait que les chrétiens sont portés à pardonner et à aimer ceux qui nous insultent. D'autres religions ne se contenteraient pas de paroles si vous insultiez le fondateur".
Monseigneur Angelo Amato, numéro deux de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a jugé le livre "farouchement antichrétien, truffé de calomnies, d'attaques et d'erreurs historiques et théologiques concernant Jésus, la Bible et l'Eglise".
Opus Deï
Présenté dans le roman et le film comme l'une des organisations s'employant à dissimuler les prétendus secrets de la vie de Jésus, l'Opus Deï a demandé à Sony Pictures de diffuser un avertissement précisant qu'il s'agit d'une œuvre de fiction. L'organisation conservatrice a également estimé que l'œuvre lui créait de la publicité et qu'elle se révèlerait "un boomerang pour les ennemis de l'Eglise". "Nous souhaitons montrer l'Opus Dei telle qu'elle est, non polémiquer sur ce qu'elle n'es pas" a précisé le chef de l'organisation, Javier Echevarria.
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