
Vêtu d'une soutane blanche, il a franchi seul la porte d'Auschwitz. Le pape allemand Benoît XVI a effectué une visite historique dans l'ancien camp nazi. Suivi par un groupe de cardinaux et d'évêques, le souverain pontife a avancé à pied vers le Mur des fusillés au son de cloches d'une église. Le visage grave, légèrement décoiffé par le vent, il a prié seul à l'endroit où ont été exécutés des milliers de prisonniers, avant d'y allumer une simple bougie.
Puis il a salué un à un 32 rescapés, représentant les différents groupes, déportés et massacrés dans le camp. Parmi eux figuraient Henryk Mandelbaum, juif polonais de 83 ans, un des six rescapés du Sonderkommando chargé de vider les chambres à gaz et de brûler les cadavres. Le pape l'a embrassé sur les deux joues.
"En tant que fils du peuple allemand"
Il s'est ensuite rendu dans l'étroite cellule noire de Maksymilian Kolbe, un prêtre polonais mort à Auschwitz le 14 août 1941 après avoir obtenu des nazis de remplacer un père de famille condamné à mort. Ce religieux a été canonisé par Jean Paul II en 1982. Dans l'étroite cellule où brûlait un cierge, le pape a brièvement prié en latin.
Le site de l'ancien complexe d'Auschwitz-Birkenau, situé aux abords de la ville polonaise d'Oswiecim, est la dernière étape très symbolique d'un voyage de quatre jours de Benoît XVI en Pologne, avant son retour à Rome dimanche soir. La nationalité et le passé du pape Ratzinger, qui fut enrôlé dans les jeunesses hitlériennes, ont donné à cette démarche une signification particulière. Le porte-parole du Vatican Joaquin Navarro-Valls l'a admis en déclarant que Benoît XVI allait à Auschwitz "en tant que fils du peuple allemand", de même que son prédécesseur Jean Paul II s'y était rendu en 1979 "en tant que fils du peuple polonais".
"Comme catholique"
Le souverain pontife a dit qu'il voulait accomplir ce geste "avant tout comme catholique" pour prier à cet endroit, symbole de l'Holocauste des juifs, à la mémoire de toutes les victimes de la barbarie nazie. Environ 1,1 million de personnes ont péri dans ce camp d'extermination entre 1940 et 1945, dont un million de juifs, pour la plupart gazés dès leur arrivée.
Dans la matinée, face plus de 900.000 fidèles, Benoît XVI avait appelé les Polonais à défendre la place de la religion chrétienne en Europe et dans le monde. "Je vous demande de partager avec les autres peuples d'Europe et du monde le trésor de la foi", a-t-il dit en conclusion de son homélie.
(Le pape/dimanche à Auschwitz/DR)
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