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Alors que, dans un geste sans précédent depuis la rupture des relations diplomatiques Washington/Téhéran, le président iranien affirme avoir écrit une lettre à son homologue américain George W. Bush (lire : "Ahmadinejad écrit à Bush"), les chefs de la diplomatie de six puissances majeures se retrouvent ce lundi à New York pour élaborer une stratégie commune visant à obliger l'Iran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice retrouvera pour un dîner lundi soir à New York consacré à l'Iran les ministres des Affaires étrangères des cinq "grands" et de l'Allemagne, ainsi que Javier Solana, le Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE.
Parallèlement, les 15 membres, permanents et non permanents, du Conseil de sécurité de l'Onu doivent se retrouver pour de nouvelles discussions sur un projet de résolution, conçu par Paris et Londres avec l'appui de Washington. Le projet qui enjoint Téhéran de geler son programme d'enrichissement d'uranium, sans toutefois le menacer encore de sanctions, se heurte aux réticences particulièrement fortes de Pékin et de Moscou.
Face à ce blocage, les Etats-Unis changent de registre et s'attaquent au nerf de la guerre : les finances. Ils ont mis au point une stratégie visant à faire en sorte que l'Iran soit "isolé par la communauté financière internationale", ont indiqué des officiels occidentaux. "L'objectif de cette stratégie consiste, pour le gouvernement des Etats-Unis et des partenaires-clefs à l'étranger, à isoler le régime iranien en créant une dynamique grâce à laquelle le gouvernement de la république islamique, ou ses membres-clefs, seront isolés par la communauté financière internationale", a indiqué un officiel sous le couvert de l'anonymat.
Les mesures envisagées
Selon lui, les mesures ciblées envisagées doivent permettre :
- d'isoler financièrement les partisans iraniens de la prolifération des armes de destruction massive;
- d'isoler financièrement les membres du régime iranien impliqués dans des comportements illicites ou frauduleux;
- de fermer les comptes (bancaires) du gouvernement iranien;
- de faire cesser le traitement des transactions financières officielles du gouvernement iranien;
- de geler les avoirs du gouvernement iranien;
- d'empêcher l'attribution de crédits à l'exportation à des projets en faveur du gouvernement iranien.
"Compte-tenu du profil bancaire international" de l'Iran, les Etats-Unis devraient "faire appel à l'Allemagne, à la Grande-Bretagne, à la France et à l'Italie, et, séparément, au Japon", a indiqué un officiel en citant un document expliquant la stratégie américaine. L'établissement d'un tel front financier aurait "un coût relativement peu élevé" pour les nations occidentales et éviterait "le recours à des embargos pétrolier ou commercial", a-t-il ajouté. L'administration américaine a déjà gelé les avoirs de trois entités iraniennes "impliquées dans la prolifération d'armes de destruction massive", dont l'Organisation iranienne de l'énergie atomique.
Image LCI. Le président Mahmoud Ahmadinejad.
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