© INTERNEComme chaque année, on retrouve dans le rapport d'Amnesty International les pays "habitués" à être pointés du doigt pour des atteintes aux droits de l'Homme (Birmanie, Chine...). Mais cette année, deux pays sont également mis en exergue pour leur manquement, à des degrés moindres évidemment. Il s'agit du Royaume-Uni et des Etats-Unis, critiqués pour leurs actions dans la lutte contre le terrorisme.
En 2012, Amnesty milite pour un traité fort sur les ventes d'armes
Dans son rapport annuel, l'ONG souligne que 2011 a montré que les peuples n'avaient plus peur de s'opposer à leurs dirigeants. Pour éviter que les armes soient encore utilisées comme instrument de répression, elle appelle à l'adoption d'un "traité fort" sur leur commerce en juillet à l'Onu.
Publié le 24/05/2012
Outre-manche, Tony Blair est épinglé pour avoir, après les attentats du 7 juillet à Londres (52 morts), annoncé "des plans imposant de sévères restrictions aux droits humains". "Le gouvernement a cherché à remettre en cause l'interdiction de la torture sur le territoire et à l'étranger, et a fait adopter - ou tenté de faire adopter - des lois non conformes au droit national et aux normes internationales en matières de droits humains" dénonce Amnesty.
Répercussions
Elle évoque notamment la loi antiterroriste, qui permet d'imposer sans jugement des "ordonnances de contrôle" à des suspects de terrorisme, sur la base de documents tenus secrets. Ces ordonnances limitent sévèrement leurs déplacements, leurs fréquentations, ou même leur accès à l'internet.
Une nouvelle loi a été votée à la fin de l'année, qui double également la durée de la garde à vue, à 28 jours maximum. Le parlement a "heureusement rejeté certaines des dispositions les plus choquantes", à deux reprises, souligne Amnesty, en évoquant le projet initial d'une garde à vue de 90 jours.
Afghanistan, Guantanamo et Irak
Pour les Etats-Unis, dont Londres est un fidèle allié dans la guerre contre le terrorisme, Amnesty concentre ses critiques sur la détention, sans inculpation ni jugement, de milliers de personnes en Irak, en Afghanistan et à Guantanamo, et la "disparition" d'autres détenus dans un réseau secret de prisons de la CIA qui serait réparti dans plusieurs pays.
Elle dénonce encore des "éléments d'information ayant fait état d'actes de torture et de mauvais traitements"et souligne que "cette année encore, rien n'a été fait pour que les hauts responsables (américains) aient à répondre des violations des droits fondamentaux commises". "Aucune investigation n'a porté sur la CIA, dont les activités demeurent entourées du plus grand secret", écrit notamment Amnesty.
L'ONG note qu'un "grand nombre des techniques d'interrogatoire approuvées par les autorités américaines "dans le cadre de la guerre contre le terrorisme" s'inscrivent "en violation des normes internationales interdisant la torture et les mauvais traitements". Elle évoque par exemple "l'utilisation de chiens pour susciter la terreur, les positions éprouvantes, l'exposition à des températures extrêmes, la privation de sommeil et le maintien à l'isolement".
La réplique de Washington
La réplique du département d'Etat ne fait pas fait attendre. Amnesty International ferait mieux d'aider la justice irakienne à juger Saddam Hussein que d'accuser à tort les Etats-Unis de pratiquer la torture à Guantanamo, a-t-il estimé mardi. "Pendant les années Saddam Hussein, Amnesty International a été à l'avant-garde pour révéler les abus des droits de l'homme perpétrés par ce régime -- des choses terribles, terribles", a rappelé le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Sean McCormack.
"Je voudrais donc humblement suggérer qu'ils suivent leurs dossiers et qu'ils apportent une assistance ou un soutien au procès de celui qu'ils reconnaissent comme l'un des pires violeurs des droits de l'homme de tous les temps", a poursuivi M. McCormack. Le porte-parole a formellement démenti les accusations d'Amnesty International faisant état "d'actes de torture et de mauvais traitements" dans le centre de détention militaire américain de Guantanamo, à Cuba. "Non. Personne n'est torturé à Guantanamo", a-t-il assuré.
Cliquez ici pour lire un résumé du rapport
Légère évolution positive |
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D'après AFP
(photo : prisonnier à Guantanamo)
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