L'annonce de la ministre britannique des Affaires étrangères à Vienne sur le dossier nucléaire iranienAprès de multiples réunions infructueuses, les cinq Grands (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu) et l'Allemagne ont enfin trouvé un consensus sur le dossier iranien. La nouvelle a été annoncée jeudi soir, à la fois par un responsable américain depuis Washington, et par la ministre britannique des Affaires étrangères depuis Vienne. "Je suis heureuse d'annoncer que nous sommes convenus de propositions de grande portée" à l'Iran, a déclaré cette dernière, Margaret Beckett, à la presse, ajoutant : "nous pressons l'Iran de choisir la voie positive". Margaret Beckett était entourée lors de cette déclaration de ses cinq homologues et du haut représentant de l'Union européenne pour la politique extérieure Javier Solana.
Les Européens s'étaient retrouvés une nouvelle fois à Vienne pour préparer un ensemble de mesures de coopération et de sanctions pour que Téhéran arrête d'enrichir l'uranium. La Russie et la Chine, jusque-là réfractaires à l'idée de sanctions contre l'Iran, semblent s'être ralliées à ces mesures - même si la Russie a tenu à écarter vendredi toute option militaire. Sur le fond, la proposition est simple : les grandes puissances proposent d'interrompre l'action du Conseil de sécurité de l'Onu, si Téhéran stoppe les opérations d'enrichissement d'uranium. Margaret Beckett n'a pas annoncé autre chose jeudi soir. Une proposition toutefois assortie d'une menace : "Nous sommes également convenus que si l'Iran décidait de ne pas s'engager dans la négociation, de nouvelles mesures devraient être prises au Conseil de sécurité".
Un ralentissement significatif du programme iranien ?
C'est ce qu'avaient déjà laissé entendre dès mercredi les Etats-Unis, qui s'étaient dits prêts à discuter sous condition avec l'Iran. "Dès que l'Iran suspend complètement et de façon vérifiable ses activités d'enrichissement et de retraitement, les Etats-Unis rejoindront leurs collègues de l'UE-3 (France, Allemagne, Grande-Bretagne) à la table des négociations et rencontreront des représentants iraniens", avait promis Condoleezza Rice. Une proposition à laquelle l'Iran a déjà répondu, en se disant prêt au dialogue avec les Etats-Unis... mais sans faire de concession sur l'enrichissement d'uranium.
L'Iran considère que son enrichissement d'uranium est un droit inaliénable et légitime. "Nous sommes prêts à discuter (avec les Etats-Unis) de nos préoccupations communes. Par conséquent, si les conditions sont telles que nous l'avons exprimé (...) c'est-à-dire justes et impartiales, nous sommes prêts à discuter avec toutes les parties", a indiqué jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki.
Toutefois, quelques heures avant l'annonce de l'accord des grandes puissances à Vienne, des sources diplomatiques signalaient que l'Iran avait ralenti ses activités d'enrichissement d'uranium. Selon un diplomate connaissant bien le programme des Iraniens, ces derniers "n'alimentent plus actuellement en UF6", le gaz (hexaflurorure d'uranium) tiré du minerai d'uranium, les centrifugeuses utilisées pour l'enrichissement. Ce pourrait être pour certains une pause technique pour vérifier le fonctionnement. Mais pour d'autres diplomates, ce pourrait être un geste politique.
Photo d'ouverture : l'annonce de la ministre britannique des Affaires étrangères à Vienne sur le dossier nucléaire iranien - DR
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