
Les autorités belges étaient toujours lancées mercredi en fin de journée dans une course contre la montre pour retrouver vivantes Stacy et Nathalie. Ces deux petites filles de Liège disparues lors d'une braderie dans la nuit de vendredi à samedi.
Alors que de nouvelles battues étaient organisées à plusieurs endroits de la ville, l'interrogatoire par les enquêteurs du principal suspect, Abdellah Ait Oud, un homme âgé de 38 ans, déjà auteur de viols sur mineures, était toujours en cours peu avant 18h. Ciblé en raison de son lourd passé judiciaire et de sa présence sur le lieu des faits vendredi soir, Abdellah Ait Oud s'était présenté mardi soir à la police, expliquant s'être reconnu dans un journal télévisé où son portrait avait été diffusé. Le suspect nie avoir le moindre lien avec la disparition des deux filles âgées de 7 et 10 ans. Il devait être présenté en soirée à une juge d'instruction qui devait décider existe suffisamment d'éléments pour le placer sous mandat d'arrêt.
"Ce que je veux, c'est retrouver ma fille"
L'homme était présent la nuit des faits aux "Armuriers", le café à proximité duquel les fillettes ont disparu samedi vers 02H00 du matin, à la fin d'une braderie où elles avaient accompagné leurs parents. Compagnon d'une des serveuses de l'établissement, il a été aperçu "après minuit" à bord d'une Chrysler décapotable noire où se trouvaient également deux inconnus, a expliqué le patron du café, Julio Blazquez, au journal La Dernière Heure.
Des policiers ont à nouveau fouillé mercredi le quartier Saint-Léonard, où se déroulait la braderie, explorant en particulier les maisons abandonnées et autres entrepôts nombreux dans cet ancien quartier industriel, et les abords d'une voie ferrée. Des fouilles, menées par deux zodiacs, se déroulaient au même moment sur la Meuse, dans un bras d'eau aménagé en port, d'où ont été retirées plusieurs voitures. "Les gens qui pleurent devant moi, cela ne sert à rien. J'ai besoin de gens forts pour y croire", a déclaré à sa sortie du palais de justice la mère de Nathalie Mahy. "Ce que je veux, c'est retrouver ma fille", a-t-elle clamé.
Le "monstre de Charleroi"
En Belgique, cette nouvelle affaire de disparition d'enfants ravive le douloureux souvenir des crimes du pédophile Marc Dutroux. Marc Dutroux avait été condamné à 13 ans et demi de prison en 1989 pour l'enlèvement et le viol de cinq fillettes et adolescentes, avant de bénéficier d'une libération anticipée. Le "monstre de Charleroi" avait alors repris ses activités criminelles, enlevant à nouveau six fillettes ou adolescentes, dont quatre allaient être retrouvées mortes dans ses propriétés en août 1996.
L'enquête avait été considérée comme un fiasco et les autorités montrées du doigt pour avoir libéré Dutroux malgré ses antécédents. Le tueur en série avait finalement été condamné à la prison à vie à Arlon en juin 2004.
Selon les médias belges, Abdellah Ait Oud a pour sa part été condamné à cinq années de prison en 1995, dont une avec sursis, pour avoir violé sa nièce de 14 ans. Les faits avaient débuté quand la fillette n'avait que six ans. En 2001, il avait abordé une adolescente de 14 ans pour lui demander un renseignement. Après l'avoir frappée sur la tête avec une pierre, il l'avait poussée de force dans sa voiture et l'avait emmenée sur un chemin de terre à travers champs, où il l'avait violée puis abandonnée. Reconnu comme un "déséquilibré mental" par la justice, il avait été interné dans un centre fermé. Considéré comme guéri, il a été libéré le 14 décembre 2005. (D'après AFP)
(La photo des deux fillettes diffusées par les médias belges/DR)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





