
Onze semaines après les législatives qui ont porté la gauche au pouvoir, près de 50 millions d'Italiens sont à nouveau appelés aux urnes. Le vote, commencé ce dimanche, s'achève ce lundi. Les votants sont invités à cocher d'une croix une des deux cases du bulletin de vote : "Oui" ou "Non". Un choix simple, mais lourd de conséquences pour Silvio Berlusconi. C'est en effet sur la révision de la Constitution léguée par Silvio Berlusconi pour accroître les prérogatives des régions que les Italiens se prononcent par référendum. Une réforme dénoncée par ses détracteurs comme une menace de "division entre riches et pauvres".
"Prodi a voulu clarifier la situation"
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Publié le 22/02/2007
Contraint de céder le pouvoir à la gauche dirigée par Romano Prodi après sa défaite aux législatives des 9 et 10 avril, Silvio Berlusconi a vu ses rêves de revanche s'évanouir avec les défaites des partis de la droite aux municipales organisées fin mai et joue avec ce référendum son leadership sur l'opposition. "Le dernier duel entre Prodi et Berlusconi", comme l'a qualifié le quotidien économique Il Sole 24 Ore, connaîtra son dénouement lundi en fin d'après-midi, pendant la rencontre opposant l'Italie à l'Australie pour le Mondial de Football. Le référendum est consultatif et son résultat sera validé quel que soit le taux de participation.
Les alliés de Berlusconi divisés
La réforme modifie 50 articles de la Constitution de 1947. Elle a été adoptée au Parlement par les seuls partis de la droite, ce qui a permis l'organisation du référendum, voulu par la gauche pour faire annuler une "menace pour la cohésion du pays". Elle a été taillée sur mesure pour Silvio Berlusconi, qui déplorait lorsqu'il dirigeait l'Italie de ne pas avoir les pouvoirs de son ami le Premier ministre britannique Tony Blair. Et elle accorde de larges prérogatives aux régions dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la police, premier pas vers le fédéralisme voulu par la Ligue du nord. Le parti populiste dirigé par Umberto Bossi a fait de son adoption la condition de son alliance avec la coalition dirigée par Silvio Berlusconi.
Silvio Berlusconi a fait campagne pour le "Oui", car cette réforme "permet de moderniser l'Etat", a-t-il affirmé. "Si le Non l'emporte, le gouvernement restera instable", a-t-il averti. Ses alliés politiques sont toutefois divisés et certains élus de l'UDC, le petit parti centriste démocrate-chrétien, ont annoncé leur intention de voter "Non". La gauche est en revanche unie pour faire annuler cette réforme. Son chef de file, Romano Prodi, a plaidé pour le "Non", "car cette réforme divise le pays en deux, entre riches et pauvres, empêche nos institutions de fonctionner et élimine le rôle du président". Le chef de l'Etat perd en effet le pouvoir de dissoudre les chambres et de convoquer des élections législatives. Le "Non" a d'ailleurs reçu le soutien de l'ancien président Carlo Azeglio Ciampi, très respecté par les Italiens, et de l'Eglise italienne, qui a durement critiqué les "inégalités sociales que cette réforme va créer, notamment dans le secteur de la santé".
Photo d'ouverture : Romano Prodi (gauche) et Silvio Berlusconi (droite) lors d'un duel télévisé pour la campagne législative - archives
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