
La nouvelle coalition gouvernementale pro-occidentale en Ukraine a proposé vendredi Ioulia Timochenko au poste de Premier ministre. Moins d'un an après son limogeage de la tête du gouvernement, la "dame de fer" ukrainienne se prépare ainsi à revenir aux affaires par la grande porte. Le président Viktor Iouchtchenko soumettra formellement sa candidature au Parlement, selon toute vraisemblance lundi.
Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange de 2004 qui s'est ensuite brouillée avec le président Iouchtchenko, réclamait le poste de Premier ministre, son parti ayant obtenu le meilleur score parmi les trois forces orange aux législatives du 26 mars. Selon elle, la coalition va commencer à procéder la semaine prochaine à la formation du gouvernement et à la nomination des dirigeants parlementaires. La création du nouveau cabinet doit être achevée dans "dix jours environ", a pour sa part estimé Oleg Rybatchouk, chef de l'administration présidentielle. Selon la presse ukrainienne, le Bloc Timochenko devrait se voir attribuer les portefeuilles économiques clés (Economie, Finances, Energie) tandis que le parti présidentiel contrôlera les grands ministères régaliens (Affaires étrangères, Défense, Intérieur).
Gazprom brandit la menace d'une "nouvelle crise gazière"
Ioulia Timochenko avait déjà occupé le poste de Premier ministre après la révolution, de février à septembre 2005, avant de rompre avec le président qui l'a limogée sur fond de luttes de pouvoir acharnées et d'accusations mutuelles de corruption au sein de l'équipe orange. Après les législatives du 26 mars, le trio a été forcé de retourner à la table des négociations, aucun parti n'ayant alors décroché la majorité, mais a mis presque trois mois pour trouver un accord. Extrêmement énergique et ambitieuse, Ioulia Timochenko a été critiquée en tant que Premier ministre pour son appui à la révision des privatisations et pour des interventions dans l'économie qui ont découragé des investisseurs.
Avant même sa désignation formelle, elle a promis jeudi de revoir les accords gaziers avec la Russie, jugés opaques et conclus en janvier pour mettre fin à la "guerre du gaz" entre Kiev et Moscou, qui avait affecté les livraisons russes vers l'Europe. Le géant russe Gazprom a aussitôt réagi, en accusant l'Ukraine d'être "le maillon faible" menaçant d'une "nouvelle crise gazière" les marchés européens. Et la presse russe n'a pas hésité à prédire de futurs "ennuis" dans les relations entre Kiev et Moscou, en particulier concernant l'épineux dossier gazier.
Photo d'ouverture : Ioulia Timochenko - archives
Retour MYTF1
Chargement en cours...




