© INTERNE"C'est un résultat fantastique, j'espère que nous allons réussir à former une coalition gouvernementale qui fera passer un programme de gauche", a déclaré Robert Fico, le jeune chef de Smer, dimanche matin devant le siège de son parti. L'opposition de gauche a en effet largement remporté les législatives samedi avec 29,2% des voix.
L'Union démocratique et chrétienne slovaque du Premier ministre Mikulas Dzurinda (SDKU) arrive en seconde position avec 18,3% des suffrages. Ce résultat reste cependant trop juste pour permettre au grand architecte des réformes de conserver les rennes du petit pays d'Europe centrale entré dans l'Union européenne en 2004 et se préparant à s'intégrer à la zone euro.
Mesures sociales
Heureux, mais fatigué, Robert Fico s'est refusé à toute déclaration sur les négociations qu'il va entamer pour réunir au Parlement une majorité suffisante afin de gouverner, en s'alliant soit avec le nationaliste Vladimir Meciar (HZDS) et l'extrême droite (SNS), soit avec les chrétiens démocrates (KDH) et le parti hongrois (SMK), moins enclins à une révision des réformes.
Qualifié de "populiste" par ses adversaires, cet avocat de 41 ans à la forte carrure a critiqué avec virulence les mesures "antisociales" de la droite qui n'ont, selon lui, profité qu'aux plus riches. Il a notamment promis de réviser la très impopulaire réforme de la santé, de revaloriser les prestations sociales et de supprimer le taux fiscal unique de 19% (TVA et revenus), actuellement un des plus bas de l'Union européenne, en augmentant les impôts sur les sociétés.
Percée de l'extrême droite
Ces dernières années, la Slovaquie a affiché une vigoureuse croissance économique de 6,1% en 2005, grâce à l'afflux d'investisseurs étrangers. Cependant, les réformes ont creusé le fossé entre les villes irriguées par les investissements, comme la capitale, Bratislava, et les régions plus pauvres du centre et de l'Est, où subsiste un chômage supérieur à 20%.
La véritable surprise du scrutin a été le score record, depuis l'indépendance, de l'extrême droite, le Parti national slovaque (SNS). Cette formation, qui professe ouvertement ses thèses antihongroise et antitzigane, arrive en effet en troisième position avec 11,7%. Rayonnant dans son costume sombre, Jan Slota, le chef du Parti national slovaque, a affirmé dimanche que la priorité de son parti était d'"avoir un gouvernement slovaque", ce qui dans sa bouche, signifie, sans le parti hongrois.
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