© INTERNEL'affiche pour la prochaine présidentielle brésilienne est désormais prête. Le président Luiz Inacio Lula da Silva a accepté samedi de briguer en octobre prochain un second mandat à la demande formelle du Parti des Travailleurs (PT, gauche). "Je suis de nouveau candidat non par ambition mais parce que le projet de transformation du Brésil doit se poursuivre", a déclaré Lula lors la convention nationale du PT. "Je suis ici pour vous dire que le rêve n'est pas terminé et que l'espoir n'est pas mort", a ajouté le président brésilien, indiquant qu'il garderait le vice-président actuel José Alencar, un entrepreneur conservateur, sur son ticket présidentiel.
L'ancien ouvrier métallurgiste, âgé de 60 ans, figure en tête des intentions de vote avec un large avantage sur son principal adversaire, le social-démocrate Geraldo Alckmin, ancien gouverneur de l'Etat de Sao Paulo. Lula pourrait l'emporter dès le premier tour, selon les plus récentes enquêtes. Si sa candidature était attendue, sa remontée dans les sondages constitue une surprise après la série de scandales de corruption qui, l'année dernière, ont forcé ses principaux collaborateurs à démissionner. Pendant plusieurs mois, la popularité de Lula a chuté avant d'amorcer une remontée en décembre.
Des programmes sociaux "clientélistes"
L'opposition parie cependant qu'elle regagnera du terrain dès le début de la campagne électorale officielle en juillet. L'avantage actuel de Lula s'explique par un marathon d'inaugurations, discours et bains de foule du président qui constituent, à ses yeux, de la propagande électorale avant l'heure. L'opposition considère également que les programmes sociaux reposent sur des critères "clientélistes" et compromettent les finances du prochain gouvernement.
Le rival de Lula, Alckmin, du même parti que l'ancien président Fernando Henrique Cardoso, l'attaque sur deux fronts : l'économie et la corruption. Pour Alckmin, l'ajustement budgétaire imposé dès 2003 afin de calmer les marchés inquiets de l'arrivée au pouvoir de la gauche, a été excessif et a freiné la croissance économique. Il met en doute également la thèse selon laquelle Lula n'était pas au courant des financements illicites du PT. Le procureur général de la République a demandé en avril la mise en accusation de 40 personnes, notamment de José Dirceu, principal ministre de Lula jusqu'à sa démission en 2005, pour "constitution de bande" ayant détourné des fonds en faveur de "l'achat de soutiens politiques". "Où est le chef des 40 voleurs?", a récemment ironisé Alckmin. Mais pour Lula, ces accusations émanent des élites qui n'ont jamais accepté sa victoire.
Photo d'ouverture : Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva - archives
Retour MYTF1
Chargement en cours...




