L'UE en panne regarde vers la France et les Pays-Bas

le 15 juin 2006 à 19h59 , mis à jour le 15 juin 2006 à 20h21

Les dirigeants de l'UE ont reconnu, jeudi à Bruxelles, qu'il n'y a pas de solution "miracle" à l'impasse sur la Constitution européenne. Plusieurs d'entre eux ont appelé les deux pays qui ont dit "non", la France et les Pays-Bas, à faire des propositions.

TF1/LCI : Sommet européen à BruxellesSommet européen à Bruxelles © DR

Il n'y aura pas de "solution miracle" au blocage actuel que connaît l'UE sans un consensus sur la Constitution européenne. C'est l'avertissement lancé jeudi, à Bruxelles, dès l'ouverture du sommet européen, par la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik, dont le pays préside l'UE. Plusieurs responsables ont confirmé que l'UE allait se contenter de prolonger la "période de réflexion" décidée en juin 2005 après les non français et néerlandais, en espérant qu'elle produise plus de résultats que la précédente. Les dirigeants devraient charger les présidences suivantes, et notamment l'Allemagne au premier semestre 2007, de faire des propositions pour obtenir un résultat fin 2008, qui sera alors sous présidence française.

Si cet objectif paraît lointain, c'est que de l'avis général, rien ne pourra être entrepris avant les élections du printemps 2007 en France (présidentielle) et aux Pays-Bas (législatives). "C'est aux Français et aux Néerlandais de mettre des propositions sur la table dans les prochains mois", a estimé le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel. Le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen a exclu que son pays - un des sept à avoir suspendu la procédure de ratification du texte (avec le Royaume-Uni, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Suède et l'Irlande) après les non français et néerlandais - reprenne ce processus "tant qu'il n'y aura pas de clarifications de la part de la France et des Pays-Bas".

Un attentisme de plus en plus critiqué

Avec la ratification prévue en octobre du texte par la Finlande, "nous serons 16 (Etats membres) sur 25 à avoir ratifié le traité, soit une majorité de la population européenne. Les Néerlandais et les Français doivent en faire le constat", a déclaré pour sa part le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. "Cette idée répandue en France et aux Pays-Bas que ceux qui ont dit oui doivent bouger et que ceux qui ont dit non peuvent rester immobiles traduit un réflexe du passé", a-t-il ajouté.

Tout le problème est là : les Etats ayant ratifié la Constitution n'entendent pas altérer substantiellement le texte, alors que d'autres comme la Pologne, dotée d'un gouvernement anti-européen avec la participation de l'extrême droite, ne sont pas pressés d'y revenir. Le Premier ministre polonais Kazimierz Marcinkiewicz a ainsi insisté pour "qu'on ne fixe pas de délais pour refléchir sur la façon de formuler l'avenir de l'UE" alors que la ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett constatait qu'il n'y avait "pas de consensus sur la façon d'avancer".

Les critiques vont croissant face à cet attentisme. L'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors a accusé mardi ses anciens pairs d'entraîner l'UE dans "la plus grave crise de son histoire en refusant de parler des problèmes qui les divisent". La paralysie actuelle a déjà jeté un froid sur les questions d'élargissement, perceptible même pour la Roumanie et la Bulgarie, pourtant assurées d'entrer dans l'UE.

Photo d'ouverture : Sommet européen - archives

le 15 juin 2006 à 19:59
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