Le corps d'Abdoul-Khalim Saïdoullaïev montré à la télévision russe © DRLe "président" indépendantiste tchétchène, Abdoul-Khalim Saïdoullaïev, successeur d'Aslan Maskhadov, a été tué samedi. Sa mort a été annoncée par Mouslim Khoutchiev, membre du gouvernement tchétchène pro-russe qualifié de "marionnette" de Moscou par une rébellion ne reconnaissant que son propre gouvernement. Saïdoullaïev a été tué avec un autre combattant dans la localité d'Argoun, à l'est de Grozny, lors d'une "opération spéciale" qui s'est également traduite par la mort de deux membres des forces de l'ordre et trois arrestations. Son corps a été montré à la télévision russe. L'opération a été menée par le FSB (services spéciaux, ex-KGB) et des hommes des milices de Ramzan Kadyrov.
L'émissaire tchétchène Akhmed Zakaïev, "ministre des Affaires étrangères" du gouvernement rebelle, a annoncé depuis son exil londonien à la radio Echo de Moscou que son successeur était Dokou Oumarov, qui avait jusque là rang de vice-président. Dokou Oumarov est considéré comme proche des radicaux comme Bassaïev. Il a pris part à une série d'attaques dans le Caucase russe, souligne le journal Kommersant, qui rappelle son opposition à toute négociation avec Moscou. Sa mort a été annoncée plusieurs fois par le passé mais Oumarov est bien vivant selon la police tchétchène pro-russe.
Le vrai leader de la rébellion, Chamil Bassaïev, est toujours actif
Abdoul-Khalim Saïdoullaïev avait été désigné le 10 mars 2005 pour succéder au président indépendantiste Aslan Maskhadov, tué début mars. Le choix de son successeur, une personnalité peu connue, avait surpris. Et sa mort aujourd'hui laisse présager d'une poursuite de la rébellion tchétchène, dont le chef de guerre radical Chamil Bassaïev, qui a revendiqué notamment la prise d'otages de l'école de Beslan, est considéré comme le véritable leader. C'est d'ailleurs lui qui avait annoncé le 10 mars la nomination de "cheikh Abdoul Khalim". Agé de 35 ans au moment de sa nomination en 2005, celui-ci avait peu fait parler de lui, Chamil Bassaïev continuant quant à lui de revendiquer des attaques dans le Caucase russe.
"Les terroristes ont pratiquement été décapités, ils ont reçu un coup dont ils ne se relèveront pas", a néanmoins commenté samedi Ramzan Kadyrov. Le président tchétchène soutenu par le Kremlin, Alou Alkhanov, s'est également félicité de la mort de Saïdoullaïev, censée montrer la fin du pouvoir séparatiste, contre lequel Moscou a fait deux guerres, de 1994 à 1996 puis avec une "opération antiterroriste" débutée fin 1999.
Photo : Le corps d'Abdoul-Khalim Saïdoullaïev montré à la télévision russe - DR
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