Course cycliste © DRTout avait commencé normalement ce dimanche. Le peloton avait pris le départ du Championnat d'Espagne de cyclisme sur route qui devait parcourir 11 tours d'un circuit entre les localités de Moraleja de Enmedio et Mostoles, dans la banlieue de Madrid, sur 221 km. Mais au bout de trois kilomètres, les coureurs se sont arrêtés... et sont rentrés à leur hôtel. Un boycott en signe de protestation contre des fuites dans la presse sur le scandale de dopage qui éclabousse depuis mai le cyclisme espagnol ; un mouvement de grogne expliqué depuis le podium de la course par le président de l'Association des coureurs espagnols, José Rodriguez.
Réaction de la Fédération espagnole de cyclisme (RFEC) : dans un communiqué publié aussitôt après "l'avis de grève" des coureurs, elle a déploré leur décision de suspendre la course et indiqué qu'elle envisageait de porter plainte, promettant "tout type d'action légale" susceptible de réparer "les préjudices occasionnés par les fuites dans certains organes de presse sur l'opération Puerto qui reste couverte par le secret de l'instruction".
Des noms de code pour des "dizaines de cyclistes"
A l'origine de ce remue-ménage : la publication, le même jour, par le quotidien El Pais des extraits d'une enquête judiciaire, affirmant qu'au moins 58 cyclistes ont eu recours au "réseau criminel" de fourniture de produits dopants démantelé le 23 mai en Espagne. La garde civile avait annoncé alors avoir saisi "plus de 100 poches de sang congelé", autant de plasma sanguin, de "grandes quantités d'anabolisants, des stéroïdes, des hormones et divers médicaments dont de l'érythropoïétine (EPO) et des hormones de croissance de fabrication chinoise". Le directeur de l'équipe Liberty, Manolo Saiz, interpellé lors de cette opération baptisée "Puerto", s'est depuis retiré provisoirement de ses fonctions.
Précisément, parmi les 58 coureurs pointés du doigt par El Pais, figureraient 15 membres de l'équipe Liberty, devenue Astana-Würth après le retrait de son parraineur. Une nouvelle qui tombe mal pour la formation espagnole, qui a reçu jeudi un feu vert sous réserve de l'Union cycliste internationale pour courir le Tour de France, avec son chef de file kazakh Alexandre Vinokourov. Toujours selon El Pais, citant des "documents du dossier d'instruction", le réseau de dopage et son chef présumé, le docteur Eufemiano Fuentes, ancien médecin de plusieurs équipes espagnoles, "avait des connections avec des coureurs ayant disputé le Giro en 2004, et percevait jusqu'à 40.000 euros annuels par 'traitement'". Les enquêteurs ont saisi des registres sur lesquelles apparaissent des initiales ou les noms codés de "dizaines de cyclistes" - "Guri, Jorge, Zapatero, Etxebarria" - et dans des cases leur correspondant des quantités d'argent avec les mentions "payé" ou "à payer", a précisé le journal.
Photo d'ouverture : course cycliste - archives
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