
"Le pays s'arrête. C'est presque un jour férié. Même les patrons le comprennent. C'est le jour du match du Brésil". Dans son message envoyé mardi quelques heures avant la rencontre contre la Croatie, Victor, notre blogueur de Brasilia, confirmait une nouvelle fois l'importance du football dans les sociétés d'aujourd'hui. "La musique est partout. Tout le monde sera en face de la télé. On crie comme si on était au stade. C'est vraiment la fête. On compte à peu près 1 400 grands écrans dans des bars, cafés et restaurants à Brasilia", ajoutait-il.
Depuis le début de la compétition, la plupart de nos blogueurs "mondialistes" nous ont déjà également fait part peu ou prou des mêmes remarques. "Ville fantôme, rue désertes" à Puebla, au Mexique, selon Herman ; "les rues sont vides. LE match d'aujourd'hui a réussi à faire quelque chose qu'aucun gouvernement n'a jamais fait dans notre Histoire : réunir tous les gens. Toutes les races et toutes les classes dans notre beau pays se retrouvent dans les mêmes endroits, afin de regarder, de vivre le plus grand match de l'équipe trinidadienne", pour Anton, avant le match de Trinidad-et-Tobago contre la Suède.
De Buenos Aires à Abidjan
"A Buenos Aires, entre 16h et 18h, il n'y avait personne dans la rue, juste quelques femmes -qui faisaient partie, selon les sondages des 50% de femmes qui ne s'intéressent pas au Mondial-, ayant décidé d'aller faire des courses pour profiter de la faible affluence. Mais dans plusieurs cas, elles ont trouvé un panneau qui annonçait 'fermé' entre 16h et 19h", soulignait Walter, au lendemain de Argentine-Côte d''Ivoire. De l'autre côté de l'Atlantique, à Abidjan, Kassoum notait qu'à la fin du match, "les bars, les rues, les maquis (ndlr : appellation ivoirienne de lieux de réjouissances publiques et de restauration), d'ordinaire grouillants de monde les samedis à cette heure, étaient totalement déserts. Les Elephants avaient perdu".
Fonctionnaires autorisés à "sécher"
Dans un style poétique, Emmanuel, notre blogueur du Ghana -qui dispute également sa première phase finale-, écrivait mardi que "les voitures, les camions et les taxis, d'habitude bruyants, sont tous garés. Les magasins, les supermarchés ne sont pas ouverts aujourd'hui. Les écoliers ne sont pas heureux d'aller à l'école aujourd'hui. Aucune animation. Même les femmes sur les marchés se sentent en congé. Pourquoi ? Le tout-Ghana prie. Aujourd'hui est le jour crucial, un jour qui sonne comme une cloche dans l'esprit de chaque Ghanéen. Le Ghana va à la guerre contre l'Italie."
Cette excitation est identique en Suède, pourtant réputée pour son calme nordique. "A 15h, la grande rue piétonne de Malmö, habituellement bondée les samedi après-midi, sonnait creux", affirmait Nicolas avant l'opposition contre Trinidad-et-Tobago.
Enfin, comme beaucoup de matches se déroulent en journée, plusieurs gouvernements ont fait une fleur à leurs concitoyens en autorisant les fonctionnaires à s'absenter : pour assister au match d'ouverture contre l'Allemagne, Minor, notre blogueur du Costa Rica, professeur, avait ainsi obtenu sa matinée. En Equateur, les agents de l'Etat ont eu officiellement droit à quatre heures dans l'après-midi pour regarder l'affrontement contre la Pologne. Dans les faits, comme s'enthousiasmait Juan Sebastian après la victoire, "personne n'est retourné au travail".
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(photo : la joie au Brésil)
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