
Plusieurs mois après la décision d'ouvrir les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne -elle remonte à octobre dernier-, les pourparlers ont réellement débuté ce lundi, mais non sans mal. Le premier des 35 chapitres qui les jalonnent sera consacré à la science et à la recherche.
Cette ouverture a en effet bien failli ne pas avoir lieu. Nécessitant l'unanimité des Etats membres, elle butait depuis plusieurs jours sur l'opposition de Chypre. Nicosie exigeait que les 25 demandent explicitement à Ankara de reconnaître les autorités chypriotes grecques, malgré la division de l'île -elle est coupée en deux depuis que l'armée turque a envahi sa partie nord en 1974, après un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs soutenus par la junte alors au pouvoir à Athènes qui voulaient rattacher l'île à la Grèce. Or la Turquie, qui a des relations étroites avec la partie nord de l'île, ne reconnaît toujours pas les autorités chypriotes grecques de Nicosie, membres de l'UE depuis 2004.
Avertissement
Le compromis trouvé est très subtil. Le texte adopté ce lundi par les ministres des Affaires étrangères ne fait en effet pas explicitement référence à la reconnaissance de Nicosie par Ankara, mais à une déclaration européenne du 21 septembre 2005 qui affirmait que "la reconnaissance de tous les Etats membres est une composante nécessaire du processus d'adhésion". Surtout, dans un préambule qui n'a rien à voir avec les discussions sur la science et la recherche, les 25 soulignent également la nécessité d'appliquer le protocole dit d'Ankara, qui étend l'union douanière entre la Turquie et l'UE aux dix Etats membres entrés dans l'UE en 2004, dont la République de Chypre. Les ministres préviennent qu'un "échec de la Turquie à appliquer pleinement toutes ses obligations affecterait le progrès général des négociations".
Or malgré la signature de ce protocole en juillet 2005, les autorités turques n'ont toujours pas ratifié le document et n'autorisent toujours pas les navires et avions chypriotes à entrer dans les ports et aéroports turcs. En signant cet accord, Ankara avait indiqué que son paraphe ne valait pas reconnaissance de Nicosie. Dans l'embarras à quelques semaines de l'ouverture officielle des négociations d'adhésion de la Turquie, les 25 avaient réagi le 21 septembre par une contre-déclaration, qui prévoyait entre autre une évaluation du protocole d'Ankara courant 2006.
La tâche a été en revanche beaucoup plus facile lundi concernant la Croatie. Sans aucune difficulté, les 25 ont décidé d'ouvrir le chapitre sur la science et la recherche.
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