Un an après, Londres se recueille

le 07 juillet 2006 à 06h45 , mis à jour le 07 juillet 2006 à 21h17

Le Royaume-Uni s'est figé aujourd'hui à midi, heure locale (13h, heure française), pour deux minutes de silence en hommage aux victimes des attentats du 7 juillet 2005. A l'heure des attentats, beaucoup s'étaient déjà recueillis. Un an après, le drame continue à marquer durablement le pays.

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7 juillet 2005. En milieu de matinée, quatre attentats (trois dans le métro, le dernier dans un bus) sont perpétrés à quelques minutes d'intervalle dans le centre de Londres. Le bilan est lourd : 52 morts et plus de 700 blessés. Pour la première fois en Europe, il s'agit de l'action de kamikazes.

Et le choc est d'autant plus fort au Royaume-Uni que les terroristes sont tous musulmans britanniques, plus ou moins bien intégrés dans la société. Mohamed Sidique Khan, 30 ans, Shahzad Tanweer, 22 ans, et Hasid Hussain, 18 ans, venaient de Leeds, dans le Nord de l'Angleterre, et étaient d'origine pakistanaise. Germaine Lindsay, 19 ans, était d'origine jamaïcaine, converti à l'islam à l'âge de 15 ans. Aucun n'avait d'antécédent judiciaire, rien dans leur comportement n'avait suscité l'inquiétude.

L'enquête est toujours en cours. Les liens probables des kamikazes avec Al-Qaïda n'ont pas été éclaircis, en dépit d'une enquête étendue au Pakistan où deux d'entre eux s'étaient rendus en 2005. Aucun complice n'a été identifié, encore moins inculpé. L'idée d'un "cerveau" pour ces attentats peu coûteux (12 000 euros) a fait long feu.

Sobriété

Un an après, la journée de vendredi s'est voulue sobre dans l'hommage. Les discours officiels ont été limités. A l'heure exacte des attaques, deux gerbes de fleurs ont été déposées par la ministre de la Culture et le maire de Londres Ken Livingstone à la gare de King's Cross et à Tavistock Square. Avec des fleurs et des larmes, des milliers de Londoniens ont aussi rendu hommage aux victimes des attentats, interrompant leurs activités pour marquer leur solidarité.

Silence

TF1 LCI londres reine commémoartion attentatsCinq plaques commémoratives ont été dévoilées un peu plus tard, avant que le pays n'observe à midi deux minutes de silence. Le Premier ministre Tony Blair a suspendu ses activités, tout comme la reine Elizabeth, vêtue de noir pour l'occasion. Dans les rues, voitures et autobus se sont arrêtés. Tête baissée et mains jointes, des milliers de Londoniens étaient dans la rue pour observer ces deux minutes de silence.

A 18H00, un millier de personnes, des rescapés, des proches des victimes et des citoyens ordinaires, se sont retrouvés pour une cérémonie sobre à Regent's Park, où les Londoniens avaient déposé dans la journée des oeillets violets pour constituer une mosaïque florale géante.

Poèmes et chants ont précédé la lecture des noms des 52 innocents tués. Tony Blair et les représentants de l'opposition y assistaient. Les proches et amis des victimes ont clos la cérémonie et déposant des tournesols au centre de la mosaïque florale.

Le chef de Scotland Yard, Sir Ian Blair, a répété vendredi que depuis les attentats,"la menace a augmenté de manière tangible" en Grande-Bretagne. "Au moment où nous parlons, il y a des gens au Royaume-Uni qui préparent d'autres atrocités", a-t-il affirmé, précisant que la menace venait à la fois "de l'extérieur et de l'intérieur" du pays.

Malaise et méfiance perdurent également dans et envers la communauté musulmane, majoritairement d'origine bangladaise et pakistanaise. Le dialogue recherché par le gouvernement n'a guère avancé. Cette semaine, le Premier ministre Tony Blair a demandé aux musulmans modérés de s'impliquer davantage pour lutter contre l'extrémisme, alors qu'un sondage montrait que 13% des 1,6 million de musulmans britanniques considèrent les kamikazes du 7 juillet comme des martyrs. D'après AFP

Nouvelle vidéo d'un kamikaze


A la veille de la commémoration, la BBC a montré ce jeudi une nouvelle vidéo d'un des kamikazes des attentats du 7 juillet 2005. Dans cette vidéo, dont la BBC précise qu'elle a été diffusée sur la chaîne de télévision basée au Qatar Al-Jazira, Shahzad Tanweer porte un keffieh rouge et blanc. Il parle en anglais avec un fort accent du Yorkshire, la région où il avait grandi.

"Ce que vous avez vu n'est qu'un début", affirme-t-il, en pointant du doigt vers la caméra. La vidéo met également en scène Ayman al Zawahiri, numéro deux d'Al-Qaïda, suggérant un lien entre les auteurs des attentats de Londres et l'organisation terroriste d'Oussama ben Laden. 

Le 1er septembre dernier, Mohamed Sidique Khan, 30 ans, considéré comme le leader du groupe, avait dans une vidéo posthume expliqué qu'il était un "soldat" de l'islam, agissant pour "venger (ses) frères et soeurs musulmans" (...) des "atrocités" des "gouvernements démocratiquement élus".

(photo TF1-LCI : Recueillement à midi à Londres)

le 07 juillet 2006 à 06:45
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