TF1-LCI beyrouth libanA peine 24 heures après le lancement d'une offensive -la plus vaste depuis dix ans- au Sud-Liban, Beyrouth a réclamé jeudi un "cessez-le-feu global immédiat et la fin de cette agression sans limite" dans la région tout en demandant une réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan a annoncé jeudi qu'il allait envoyer une délégation de haut niveau pour tenter d'aider à désamorcer la crise.
Riposte et contre riposte
Les raids de Tsahal sur le Sud-Liban, lancés après l'enlèvement mercredi par le Hezbollah de deux soldats israéliens, auraient déjà tué une quarantaine de civils libanais (dont une quinzaine d'enfants), en plus d'une trentaine de membres du Hezbollah. Israël a en outre imposé un blocus maritime du Liban, après la fermeture de l'aéroport international de Beyrouth, bombardé dans la nuit, et le bombardement de la base aérienne de l'armée libanaise à Rayack. L'Etat hébreu, qui accuse l'Iran et la Syrie d'être responsables de cette escalade de violence, cherche en fait à imposer un blocus général à son voisin.
En face, le Hezbollah a lancé des roquettes dans le nord d'Israël, faisant au moins deux morts. L'organisation assure que si Israël attaque Beyrouth -dont Tsahal a conseillé d'évacuer la banlieue sud-, ses membres bombarderont Haïfa, la troisième ville israélienne, située à 35 kilomètres de la frontière.
Bush : "Israël a le droit de se défendre"
Face à cette offensive, doublée de celle en cours depuis deux semaines dans la bande de Gaza (qui a encore fait 23 morts palestiniens mercredi), le Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure, Javier Solana, doit se rendre au Moyen-Orient. Une tentative de médiation, tandis que Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, met en garde contre le déclenchement d'une "guerre régionale".
La communauté internationale appelle unanimement à la retenue, parlant parfois de réponse disproportionnée de la part d'Israël, mais George W. Bush va plus loin. Le président américain, qui dit vouloir "encourager la paix" au Proche-Orient, a affirmé, jeudi en Allemagne, qu'Israël avait "le droit de se défendre lui-même", tout en demandant à l'Etat hébreu de ne pas prendre de mesures qui pourraient mettre en danger le gouvernement libanais. En outre, la Syrie devra "rendre des comptes", a déclaré M. Bush qui sous-entend que Damas abrite le Hezbollah.
Les ministres des Affaires étrangères des membres de la Ligue arabe doivent de leur côté se réunir d'urgence samedi au Caire sur la situation.
(Photo TF1-LCI)
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