© AFPSurnommé le "boucher" pour les massacres et les purges sanglantes qui lui ont été imputés dans les années 1990, Ta Mok, était considéré comme le dernier chef des Khmers rouges. Il est décédé ce matin à l'âge de 82 ans à l'hôpital de Phnom Penh, où il était dans le coma depuis une semaine, victime de problèmes respiratoires et cardiaques. Il prive ainsi le Cambodge d'un précieux témoignage dans le procès jugeant les responsables d'un régime, qui 27 ans auparavant avait fait près de deux millions de morts.
Arrêté à Phnom Penh en mars 1999, Ta Mok de son vrai nom Ong Choeun, était inculpé pour crimes contre l'humanité en 2002 et devait être jugé lors du procès du régime khmer. Les 30 juges cambodgiens, qui avaient prêté serment le 3 juillet dernier, n'avaient cependant pas retenu de date pour le début des audiences. Décédé de mort naturelle, Ta Mok, souhaitait être jugé "aussi vite que possible" et avait demandé à son avocat de rendre publiques ses paroles :"Jugez-moi maintenant avant que je ne meure, pour que je puisse dire au tribunal qui a orchestré les massacrés".
" J'accuse le tribunal "
Aujourd'hui, 13 millions de cambodgiens réclament justice pour l'exécution de presque deux milions de personnes entre avril 1975 et janvier 1979 sous le régime des khmers rouges. Un régime dirigé d'une main de fer par Pol Pot, décédé en 1998.
Seuls Ta Mok et "Dutch" étaient détenus pour génocide alors que d'autres responsables du régime, dont l'ancien bras droit de Pol Pot, Nuon Chea, et l'ancien ministre des Affaires étrangères, Ieng Sary, vivent encore aujourd'hui en liberté.
Ces anciens hièrarques étant vieillissants et pour la plupart en mauvaise santé, le peuple cambodgien s'inquiète. " J'accuse le tribunal pour la lenteur du processus. (...). Nous avons perdu un témoin essentiel de plus contre le régime Khmer rouge", a déclaré un des rares survivants du centre de torture S-21 de Tuol Sleng créé à Phnom Penh par les Khmers rouges pour traquer "les ennemis de la révolution"
L'impunité par la mort, des responsables de crime contre l'humanité, comme récemment le cas Milosevic, soulève un véritable problème dans la justice des crimes de guerres et crimes contre l'humanité, fléaux d'un XXe siècle pas clôturé.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




