© INTERNECoupable, mais exempte de toute sanction financière. Tel est le jugement rendu à Luxembourg par la Cour européenne de justice (CEJ) à l'encontre d'Edith Cresson. L'ancienne Premier ministre française était jugée pour favoritisme dans le cadre de ses fonctions officielles au sein de la Commission européenne dans les années 90.
Chargée de l'Education, de la Recherche et de la Formation au sein de la Commission Santer de 1995 à 1999, Edith Cresson avait engagé de 1995 à 1997 un de ses proches, René Berthelot, décédé en 2000, comme membre de son cabinet. Or en raison de son âge, 66 ans à l'époque, il ne pouvait être recruté au sein du cabinet d'un commissaire.
Malgré cela, et "bien que son cabinet soit déjà entièrement pourvu en conseillers personnels", précise la Cour, elle l'avait fait embaucher comme "visiteur scientifique", un statut impliquant des activités de recherche. Mais ce chirurgien-dentiste de formation a exclusivement travaillé pour l'ancienne commissaire en tant que conseiller personnel.
Pas de sanction financière
Dans son jugement, la Cour a donc estimé qu' Edith Cresson avait "enfreint ses obligations de commissaire" en engageant René Berthelot. Les juges ont en revanche considéré que la reconnaissance de la culpabilité de l'ancienne commissaire était une peine suffisante. Ils l'ont donc dispensée de toute sanction financière, malgré les réquisitions de l'avocat général de la CEJ qui, en février 2006, avait demandé la "déchéance de 50%" de ses droits de pension d'ancienne commissaire, d'un montant d'environ 4000 euros mensuels.
Premier ministre de François Mitterrand de 1991 à 1992, âgée aujourd'hui de 72 ans, Edith Cresson est le premier responsable de si haut rang à être condamnée par la justice européenne. En 1998, l'affaire avait déclenché un scandale d'une ampleur inédite et débouché sur la démission collective de la Commission présidée par le Luxembourgeois Jacques Santer, en mars 1999.
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