A la frontière israélo-libanaise, "un véritable pilonnage"

Par Par Amélie GAUTIER, le 16 juillet 2006 à 22h08 , mis à jour le 12 septembre 2006 à 12h09

Corine, franco-israélienne de 45 ans, habite à Nahariya. Cette ville israélienne est située à 8 km de la frontière avec le Liban. Depuis jeudi, elle subit les tirs de roquette du Hezbollah. Corine raconte son "nouveau quotidien".

TF1/LCI Nahariya Israël roquettes

Elle prévient d'emblée, elle ne pourra pas rester longtemps au téléphone. Sa maison a explosé sous les roquettes du Hezbollah. Là, elle passe juste pour récupérer quelques affaires et pour appeler sa fille de 15 ans en vacances en France chez son père. "Pour la rassurer".

Corine est une franco-israélienne de 45 ans. Elle a émigré de Montpellier vers l'Etat hébreu pour réaliser un "vieux rêve de gosse". C'était un 17 juillet, il y a 4 ans, jour pour jour. Depuis, elle vit à Nahariya, une ville côtière située à 8 km de la frontière avec le Liban. 400 familles franco-israéliennes y habitent. "C'est un endroit magnifique qui ressemble aux Alpes-Maritimes", précise Corine.

"Une vieille dame qui prenait son café"

Jeudi, le Hezbollah a bombardé cette localité de Galilée "en représailles aux massacres de civils au Liban sud", selon les termes de la "Résistance islamique". "Depuis on subi un véritable pilonnage de katiouchas, raconte Corine. Ce sont des petits missiles. Certains ont un dispositif à retardement qui balance des billes pour blesser les gens. Les tirs sont aléatoires, le Hezbollah ne vise pas". Elle poursuit : "la première victime était une vieille dame qui prenait le café sur son balcon. Les secours l'ont ramassée en morceaux".

"J'habite une villa divisée en quatre appartements, raconte Corine. Samedi, la katioucha, est passée à côté de la maison, les vitres ont été soufflées, un pan de mur a explosé, je suis sortie". Depuis les premiers tirs de roquettes, les habitants partent comme ils peuvent. Restent les personnes âgées, ou ceux aux ressources insuffisantes. "Parmi elles, il y a beaucoup de Libanais qui ont fui le Hezbollah dans les années 1980, explique Corine. C'est terrible pour eux, ils ont très peur, là ils subissent la guerre de plein fouet. Pour avoir déjà fui le Hezbollah et parce qu'ils ont toujours des proches au Liban qu'ils n'arrivent pas à contacter."

"Ils s'en prennent plein la figure"

Corine exerce la profession d'aide à domicile. Elle est restée pour s'occuper de ceux qui ne peuvent pas partir. "C'est le cas de mes voisins, ils sont rescapés des camps de la mort, et ils ne veulent plus bouger". Selon elle, Nahariya est déserte :  ici et là, des immeubles détruits, des chaussées béantes. Stigmates de katouchias. Des policiers patrouillent dans les rues pour éviter les vols dans les maisons abandonnées.

Régulièrement, les autorités annoncent qu'il faut rentrer aux abris. "Quand les sirènes retentissent, tout le monde descend à 15 mètres sous terre. Les vivres sont mises en commun. Il y a une clim, une ligne de téléphone reliée à l'extérieure, mais pas de frigo", détaille Corine. Elle ajoute : en ce moment, dans l'abri, il y a avec moi des Libanais, des Marocains et des Russes. Ceux-là, ils viennent d'arriver : les pauvres, ils s'en prennent plein la figure."

Tout au long de son témoignage, Corine a une voix calme, presque sereine. Et puis quand on s'apprête à raccrocher, elle s'emporte presque : "vous savez, il faut arrêter de s'en prendre aux civils. Qu'ils soient au Liban ou en Israël. Et que ce soient des petits palestiniens, des petits libanais ou des petits juifs, tous ont le droit de vivre en paix. Aucune grande religion monothéiste n'autorise à tuer. Le ton se radoucit : "je vais devoir partir là."

(Narayia/PHOTO AFP Gali Tibbon)

Par Par Amélie GAUTIER le 16 juillet 2006 à 22:08
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1 Commentaires

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  • DAVID, le 16/07/2006 à 22h56

    LES FAUTIFS : Le liban qui laisse sur son territoire des milices hezbollah faire n'importe quoi, la syrie et l'iran qui encourage et envoie les armes enfin l'europe et la communauté internationnal qui fait rien dans les actes afin que l'iran ne possede pas l'arme nuclaire.

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