© AFPLe Hezbollah libanais, qu'Israël veut "briser", est un Etat dans l'Etat libanais et un allié sûr de l'Iran et de la Syrie au Proche-Orient. Il est à la tête d'une organisation paramilitaire solidement équipée.
Depuis la capture mercredi de deux soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise, il croise le feu avec Israël, en arrosant de roquettes ses villes du nord.
Equipement fourni par Téhéran
Ennemi farouche de l'Etat hébreu et des Etats-Unis, qui l'ont classé dans la liste des "organisations terroristes", le Hezbollah peut aligner plusieurs milliers de combattants aguerris par la lutte armée engagée contre Israël au Liban en 1985.
Ce mouvement, qui se qualifie de "Parti de Dieu", dispose d'un immense réservoir de partisans au sein de la population chiite, communauté la plus nombreuse au Liban, dont il subvient aux besoins à travers une large panoplie de services sociaux. L'équipement de son organisation paramilitaire, la Résistance islamique, est fourni par Téhéran et est de plus en plus sophistiqué, selon des experts militaires.
Son chef, Cheikh Hassan Nasrallah a indiqué en mai 2005 que son mouvement disposait de 12.000 missiles pointés sur Israël, un chiffre récemment repris par des experts militaires israéliens, mais difficilement vérifiable.
Les combattants du Hezbollah, présent en force à la frontière libano-israélienne, sont difficilement repérables. Cette "armée de l'ombre" se cache dans les talus, au fond des vallons ou dans les monts boisés. Elle déplace en cas de besoin les rampes de lancement de roquettes montées sur des camions, après avoir été cachées dans des garages aux abords des villages du sud Liban.
Sa propre télé
Cependant, les lignes d'approvisionnement de l'organisation semblent coupées depuis la destruction par Israël de plusieurs ponts dans le sud du Liban, séparant Beyrouth de sa banlieue sud, où se trouve le commandement politico-militaire du Hezbollah.
La chasse israélienne a également coupé la route Beyrouth-Damas et la liaison entre la région de Baalbeck et le Liban sud, obligeant les combattants du Hezbollah à puiser dans leurs réserves d'armes sur place, désormais non renouvelables.
Le Hezbollah se targue d'avoir joué un rôle déterminant dans "la libération du Liban-sud", évacué unilatéralement en mai 2000 par l'armée israélienne au bout de 22 ans d'occupation. Aujourd'hui, il dit vouloir récupérer par la force le secteur contesté des "fermes de Chebaa", conquis en 1967 sur la Syrie par Israël, qui continue à l'occuper.
Pendant l'occupation du sud, les combattants du Hezbollah avaient infligé de lourdes pertes à l'armée israélienne et terrorisé par les roquettes les habitants du nord d'Israël. Avant de se retirer de cette région, les Israéliens avaient tenté en vain à deux reprises, en 1993 et en 1996, de mater le Hezbollah.
Chef adulé par la communauté chiite, Hassan Nasrallah, est contesté depuis le départ forcé du Liban de l'armée syrienne en avril 2005. La majorité parlementaire antisyrienne exige le désarmement du Hezbollah, conformément à la résolution 1559 de l'Onu. Créé à l'initiative des Pasdaran (Gardiens de la Révolution iraniens) en 1982 à Baalbeck (est du Liban), dans la foulée de l'invasion israélienne, le Hezbollah possède sa propre chaîne de télévision satellitaire, al-Manar, très écoutée dans le monde arabe, notamment dans les territoires palestiniens, et une radio. Le Hezbollah est également devenu un parti politique siégeant au parlement depuis 1992. Il est aussi représenté depuis 2005 au gouvernement libanais par deux ministres.
(Hassan Nassrallah/Novembre 2003/archives AFP/PHOTO Anwar Amro)
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